Cocktails de vin, spiritueux sans alcool, vin à la pression… vignerons et producteurs d’alcools rivalisent d’imagination pour tenter de contrer une consommation générale déclinante.
Le secteur, présent cette semaine en masse au salon professionnel Wine Paris, est lancé dans une course pour renouveler sa clientèle et attraper cet insaisissable consommateur « flexi-buveur » qui demande du « moins », voire du « sans ».
« Les gens changent, les modes de consommation changent, à nous de nous adapter. C’est un grand enjeu de la filière et un débat qu’on commence à avoir sans tabou », a dit Gabriel Picard, président des exportateurs français (FEVS), lors d’une conférence de presse. Il y voit « un éternel recommencement: il y a 60 ans on mettait de l’eau dans le vin, le degré d’alcool était plus faible… »
Etiquettes joyeuses, degrés d’alcool variés… Le stand Vin De France (VDF) met en avant des bouteilles qui veulent « élargir les horizons », à côté d’un kiosque à cocktails où vin rouge frais se marie avec sirop de rose, et chardonnay avec bière de gingembre.
Née en 2009 avec l’idée de faciliter l’export via un étiquetage plus lisible et moins intimidant, Vin De France regroupe aujourd’hui près de 900 caves pour son cahier des charges minime, qui permet par exemple d’assembler des raisins de plusieurs régions ou de désalcooliser son vin.
En 2025 les vins VDF ont réalisé +16% à l’exportation, dont +11% aux Etats-Unis, dans un contexte déprimé.
« Ce sont des produits différents, qui font souffler un vent de nouveauté, de façon simple, pour (re)conquérir de jeunes adultes », explique Valérie Pajotin, présidente de l’association interprofessionnelle en charge de VDF, qui parle de « wine designers ».
Pour elle, « on n’a peut-être pas assez écouté (la demande), on pensait qu’il suffisait de faire de la pédagogie. Mais ça fait longtemps qu’on sait que les jeunes veulent boire frais, ça n’est pas sacrilège de mettre des glaçons dans du rosé, il n’y a pas un seul mode de consommation! ».
Alors quelles sont les tendances désormais ? Récemment il y eut les vins orange (vin de macération venu à l’origine de Géorgie), les pétillants naturels, les rouges légers axés sur le goût du fruit… Aujourd’hui place au « blouge », mêlant raisin rouge et blanc pour des profils aromatiques variés, assure Valérie Pajotin.
Du côté des producteurs plus « classiques », on voit de nombreuses initiatives pour se renouveler.













