Établir des fichages en fonction de l’orientation sexuelle ou de l’origine rappelle les pratiques des pires régimes de l’histoire. C’est pourtant ce qu’a fait le Madison Square Garden (MSG), le prestigieux lieu new-yorkais réservé au sport et aux concerts, qui vient tout juste d’accueillir le mariage de Taylor Swift.
Le magazine Wired a révélé, ce 9 juillet, l’existence d’une base de données interne répertoriant plus de 39 000 célébrités susceptibles de fréquenter le lieu ou d’y être invitées. Parmi celles-ci, 400 apparaissent fichées selon des critères très problématiques. La base comprend aussi les données de milliers de particuliers.
C’est le collectif de hackeurs ShinyHunters – à propos duquel le FBI avait émis une alerte en mai – qui, le premier, a sorti les informations sur l’existence de cette base, relayées sur le site 404Media. Wired est en revanche le premier média à en révéler les aspects problématiques.
Le MSG recense « l’origine ethnique, l’identité de genre et l’orientation sexuelle de certaines célébrités ; 93 personnes y sont identifiées comme ‘LGBTQIA+ ‘, écrit le magazine. On ignore pourquoi le Madison Square Garden a jugé nécessaire d’étiqueter ainsi Ricky Martin, Phoebe Bridgers ou Emily Green, du groupe Geese. »
Autre catégorisation floue : celle du « risque » que poseraient 400 VIP. « Cinq des invités du mariage de Taylor Swift et Travis Kelce étaient inscrits dans une catégorie faible risque : les chanteurs Ice Spice, Selena Gomez et Benson Boone, ainsi que le présentateur télé Michael Strahan et l’actrice américaine Mariska Hargitay. »
Des motivations qui restent à démêler
Wired cite aussi l’exemple du rappeur Fat Joe, un fan de l’équipe de base-ball new-yorkaise les Knicks, qui joue régulièrement au sein du MSG, et qui est fiché « risque moyen ». D’autres stars seraient purement et simplement bannies du stade sous la catégorie « ne pas inviter ».
Si les raisons de ce fichage ne sont pas claires, une source travaillant au sein du MSG explique au magazine que les équipes de sécurité du lieu scruteraient la réputation des célébrités à inviter ou non, notamment sur les réseaux sociaux. Autrement dit, si vous êtes associé à un prétendu « risque » c’est que « vous avez fait quelque chose dans le monde de la publicité, dans le monde des médias sociaux, qui a attiré l’attention des mauvaises personnes », explique-t-il. Notamment si les célébrités ont critiqué ou seraient simplement proches de personnes ayant critiqué James Dolan, propriétaire controversé des Knicks et directeur du Madison Square Garden.
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