dimanche, juillet 26

« Ce n’est pas que les Parisiens soient prudes. Pourtant, ils sont nombreux à rouler des yeux lorsque des touristes posent les mains sur la poitrine de la statue en bronze qui orne la pittoresque place Dalida » à Montmartre, constate Der Standard. Une scène quotidienne selon une riveraine, accompagnée de son caniche. Les traces d’usure sont visibles sur le métal qui s’est oxydé au niveau de la poitrine. La croyance populaire prétend que toucher cette partie du buste représentant la chanteuse porterait bonheur.

Alors que le Tour de France s’apprête à traverser le quartier, le dimanche 26 juillet, Stefan Brändle, correspondant à Paris pour le quotidien autrichien, a rencontré les habitants qui « ne s’en réjouissent guère ». Montmartre n’est plus la colline des peintres et des poètes, des bohèmes et des rebelles de la Commune, constate-t-il. Le quartier est « pris d’assaut » par les touristes, et ses 27 000 habitants « subissent » la situation depuis de nombreuses années. Il y aurait près de 30 000 visiteurs quotidiens, selon les chiffres de l’Association de défense de Montmartre et du XVIIIe.

Le mètre carré à 15 000 euros

Dans les rues pavées, l’équipe du Standard rejoint sa directrice, Béatrice Dunner. Elle les entraîne vers la boulangerie où elle a ses habitudes, rue des Martyrs, et devant laquelle des « touristes font sagement la queue » pour photographier les pâtisseries. Pourtant, pas d’attente pour la riveraine : « Le soir, quand je vais chercher ma baguette, je tape à la vitrine, comme convenu avec la propriétaire, qui me laisse passer par la porte du côté pour que je n’aie pas à attendre une demi-heure », confie-t-elle au journaliste.

Pour Béatrice Dunner, aucun doute, ce surtourisme a débuté en 2001, avec la sortie du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, et s’est aggravé avec la série Emily in Paris, dont la première saison est sortie en 2020. Les prix de l’immobilier ont dramatiquement augmenté pour atteindre jusqu’à 15 000 euros le mètre carré, soit un peu plus de 2 000 euros au-dessus du prix médian dans la capitale, poursuit le titre viennois. Les foyers à revenu modeste ne peuvent pas se le permettre « et sont remplacés par des avocats, des médecins et des banquiers ». En 2024, un « changement symbolique » s’est opéré à Montmartre avec la fermeture de l’« historique » Club Lepic Abbesses Pétanque, remplacé par un hôtel de luxe, rappelle Der Standard.

[…] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Share.
Exit mobile version