samedi, juin 27

« Manifestement, quelque chose n’a pas fonctionné ». Interrogé sur l’affaire Lyhanna dans un entretien accordé au Parisien ce samedi 27 juin, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez estime que son rôle est de « constater qu’une enquête a été manifestement défaillante et en tirer les conséquences ».

Le gouvernement a prononcé de premières sanctions après la parution d’un rapport d’inspection montrant plusieurs défaillances du système judiciaire dans l’affaire du meurtre de Lyhanna, notamment à l’égard de deux gendarmes du Gers, qui ont fait l’objet d’une mutation et qui ont été placés dans des emplois hors exercice de la police judiciaire.

« À ce stade, ce n’est pas une sanction, mais une mutation sans possibilité d’exercer des prérogatives judiciaires », explique le ministre ce samedi. « Désormais, une enquête de commandement est diligentée, c’est l’équivalent d’une enquête disciplinaire, pour déterminer les fautes. Nous aurons les résultats de cette enquête le 15 septembre et nous prendrons ensuite des décisions disciplinaires », détaille-t-il.

« Les violences sexuelles sur mineurs sont une priorité du gouvernement »

Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée morte dans le Gers le 4 juin, plusieurs jours après sa disparition. Le principal suspect, Jérôme Barella, un intérimaire de 41 ans, n’avait jamais été interpellé ou convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles sur d’autres mineurs.

« En tant que ministre de l’Intérieur, mon rôle est de constater qu’une enquête a été manifestement défaillante et en tirer les conséquences. Mais il n’est pas de remettre en question le travail très important effectué par les policiers et les gendarmes au quotidien », assure toutefois Laurent Nuñez dans les colonnes du Parisien.

Il l’assure également: « Les violences sexuelles sur mineurs sont une priorité du gouvernement ». Il réfute ainsi l’idée selon laquelle la lutte contre le narcotrafic, affichée comme une priorité par le patron de la gendarmerie et par l’exécutif, ne reléguerait les violences sexuelles sur mineurs au second plan.

Ces dernières « sont traitées dans les brigades territoriales » et « ne sont donc pas en concurrence avec les enquêtes sur le narcotrafic, qui sont en grande partie gérées par des services judiciaires spécialisés », explique-t-il.

« Mauvaise orientation » et « absence de contrôle hiérarchique »

« Dans l’affaire Lyhanna, la difficulté, c’est la mauvaise orientation des actes d’enquête et l’absence de contrôle hiérarchique d’un dossier complexe de viols sur mineur », poursuit le ministre de l’Intérieur.

Jérôme Barella, est actuellement incarcéré à l’isolement à la prison de Mont-de-Marsan. Il n’avait jamais été interpellé ou convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles sur d’autres mineurs. Jérôme Barella avait fait l’objet de plaintes pour viols sur mineures en 2022 et 2025, mais son casier judiciaire ne fait mention d’aucune condamnation.

Un rapport publié lundi par le chef de l’Inspection générale de la Justice a pointé plusieurs « défaillances » et « pertes de temps » dans le traitement des plaintes précédentes, notamment celle de Rosa, déposée en août 2025 plus de neuf mois avant la mort de Lyhanna. Cette fillette âgée de 11 ans a déclaré avoir été violée une cinquantaine de fois entre septembre 2024 et avril 2025 par Jérôme Barella, selon le rapport.

Le 18 juin, la femme de Jérôme Barella a déposé plainte contre lui pour « viols » et « violences conjugales ». Au total, selon les informations de BFMTV, Jérôme Barella est visé depuis son incarcération pour l’affaire Lyhanna par cinq nouvelles plaintes dans dix procédures le concernant depuis 2017.

Article original publié sur BFMTV.com

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