- Le 5 novembre 2018, deux immeubles se sont effondrés à Marseille.
- Huit personnes ont trouvé la mort dans ce drame survenu rue d’Aubagne.
- Deux ans après un verdict jugé trop faible, le procès en appel s’ouvre ce lundi.
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Des images de ruines qui avaient bouleversé la population, bien au-delà de la cité phocéenne. Huit ans presque jour pour jour après le drame de la rue d’Aubagne, le procès en appel des effondrements de deux immeubles de la rue d’Aubagne à Marseille (Bouches-du-Rhône), rongés par l’insalubrité, s’ouvre ce lundi.
La salle dédiée aux affaires « hors norme »
accueillera à partir de 14h, et jusqu’au 18 décembre, les audiences de ce procès de l’habitat indigne, fléau de la deuxième ville de France. Près de 90 parties civiles seront représentées face à quinze prévenus.
Les victimes avaient entre 30 et 58 ans
Les proches des huit résidents tués sont toujours en quête de peines exemplaires pour ceux qu’ils estiment responsables de l’accident qui a traumatisé la cité phocéenne : le 5 novembre 2018 à 9h07, les bâtiments des 63 et 65 de la rue d’Aubagne, non loin du Vieux-Port, se sont écroulés sur eux-mêmes, en quelques secondes, après plusieurs signaux d’alerte sur l’insalubrité insuffisamment pris en compte. Cinq hommes et trois femmes, âgés entre 30 et 58 ans, ont perdu la vie ce jour-là.
À l’issue du procès de l’automne 2024, le tribunal avait prononcé dix condamnations, dont trois à de la prison ferme, six relaxes, et 358.000 euros d’amende, un jugement moins sévère que les réquisitions du parquet.
Des peines jugées trop faibles par les parties civiles
« La faible sévérité des peines »
en première instance a été une « désillusion »
, selon Kevin Vacher, porte-parole du collectif du 5-Novembre, né dans le sillage de cette catastrophe. Notamment celles prononcées à l’encontre des deux principaux prévenus, l’expert-architecte Richard Carta, reconnu coupable de « faute caractérisée »
pour avoir bâclé une expertise de l’immeuble peu de temps avant le drame, et l’ex-adjoint au maire chargé du logement insalubre, Julien Ruas, accusé de n’avoir pas traité sérieusement les alertes reçues. Tous deux avaient été condamnés à deux ans de prison avec sursis ainsi qu’à des interdictions d’exercice de leur profession.
Le parquet a également demandé un nouvel examen des condamnations des copropriétaires, dont Xavier Cachard, avocat du syndic et ex-élu au conseil régional Paca, et Gilbert Ardilly, dans l’appartement duquel vivait un garçon comorien de 8 ans dont la mère a péri. Tous deux avaient été condamnés à quatre ans de prison, dont deux ans ferme sous bracelet électronique, les plus lourdes peines du procès. Le jugement avait relevé leur « indifférence »
pour l’état déplorable des logements qu’ils louaient, et même, pour l’avocat du syndic, « une stratégie d’obstruction de réalisation des travaux nécessaires » d
ans l’immeuble.
Le procès en correctionnelle avait permis d’établir que les effondrements des numéros 63 (vide) et 65 étaient inéluctables vu l’état du bâti. Mais aucune mise à l’abri des locataires n’avait été décidée et les travaux entrepris s’étaient avérés inefficaces voire contreproductifs.
Le parquet a de même fait appel des condamnations du syndic du numéro 65 (100.000 euros d’amende et interdiction professionnelle) et de son ancien gestionnaire (trois ans de prison avec sursis, 8.000 euros d’amende et interdiction professionnelle). Il a enfin contesté les relaxes prononcées pour le bailleur social Marseille Habitat, son ancien directeur général et trois copropriétaires du 65 rue d’Aubagne.
Le procès est prévu jusqu’au 18 décembre 2026.

