- Une auberge de jeunesse exclusivement féminine a ouvert ses portes à Paris en juin dernier, une première en France.
- Ce type d’espaces en non-mixité se développe également dans les transports, les parkings ou les salles de sport, suscitant des avis partagés.
- Reportage dans la capitale.
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Avec Elles
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Une auberge de jeunesse parisienne réservée aux femmes accueille depuis juin dernier des dizaines de clientes chaque semaine. L’établissement propose 82 lits à partir de 18 euros la nuit et affiche complet quotidiennement. Les femmes qui y séjournent, pour des raisons professionnelles ou touristiques, y recherchent un sentiment de sécurité.
Alice Hamel, étudiante de 21 ans, qui séjourne dans l’établissement depuis deux semaines, explique que « le sentiment d’hyper-vigilance des femmes se réduit inconsciemment lorsqu’elles sont entourées uniquement de femmes »
. Une touriste étrangère témoigne avoir choisi cette auberge après avoir rencontré un homme au comportement dérangeant dans un précédent hébergement.
« Il y a une réelle attente »
affirme Nandi Senny, responsable adjointe de l’auberge de jeunesse « Hostelle ». Pour preuve, elle montre le taux d’occupation sur le logiciel de l’établissement : 100% le jour de notre reportage.
Des services en non-mixité de plus en plus prisés
Au-delà de l’hébergement, d’autres services en non-mixité se développent en France. Des VTC permettent aux femmes de réaliser des trajets avec une conductrice. À Metz, 115 places de parking souterrain proches de la sortie sont réservées aux femmes. Des soirées interdites aux hommes sont également organisées.
Dans le domaine du sport, une salle a mis en place une zone 100% féminine à la suite de nombreuses demandes. Mais dans l’espace ouvert à tous du même établissement, les femmes restent présentes, bien que minoritaires. Certaines clientes refusent de se cacher et préfèrent continuer à fréquenter les espaces mixtes. Emma témoigne : « Je viens ici pour faire mon sport, je n’ai pas à me cacher des hommes »
.
Pour Mathilde Poli, sociologue du genre, ces espaces en non-mixité constituent un outil essentiel actuellement, même s’ils ne représentent pas un idéal de société. Selon elle, « la multiplication de ces espaces doit appeler les hommes à s’interroger sur les raisons de leur existence »
. En France, en 2025, une agression sexuelle, un viol ou une tentative de viol a lieu toutes les quatre minutes, et parmi les victimes majeures, 90% sont des femmes.

