- Depuis Doha, Emmanuel Macron a détaillé la « feuille de route » qu’il a donnée à son gouvernement pour éviter que ne se reproduisent les violences du week-end dernier.
- Il assure avoir demandé à « prendre toutes les mesures pour empêcher un retour de ces scènes inacceptables », martelant qu' »aucune violence n’est légitime ».
- « Il y a beaucoup de gens pour commenter, il y a très peu de gens pour prendre leurs responsabilités. Moi, je les prends », a-t-il insisté.
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Lycées, facs, gilets jaunes… Une France entre colère sociale et violences urbaines
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C’est sa première prise de parole face caméra depuis son allocution télévisée quatre jours plus tôt. Depuis Doha, Emmanuel Macron a assuré avoir demandé à son gouvernement de « prendre toutes les mesures pour un retour de ces scènes inacceptables »
lors de la nouvelle journée de mobilisation prévue ce samedi 24 octobre, une semaine après les violences et les pillages qui ont frappé plusieurs villes de France. « J’ai demandé des clarifications et j’ai donné une feuille de route »,
a-t-il déclaré.
On a eu trop de gens ambigus, trop de gens pour expliquer qu’il y avait des violences légitimes
On a eu trop de gens ambigus, trop de gens pour expliquer qu’il y avait des violences légitimes
Emmanuel Macron
Le chef de l’État promet de faire « la transparence sur ce qui s’est passé le 17 »
, lorsque quelque 3.000 commerces ont été dégradés et volés. Il tiendra ce jeudi « une réunion avec l’ensemble des services de renseignement, le Premier ministre et les ministres concernés, pour avoir un compte-rendu détaillé de tout ce qui s’est passé exactement »
mais aussi pour évoquer les dispositifs à mettre en place. « Nous utilisons ce qui est dans notre droit pour éviter qu’il y ait de nouveaux événements de ce type »
, poursuit-il, évoquant les mesures de couvre-feux et l’interdiction de certains regroupements et mobilisations déjà à l’œuvre.
« Les gens qui veulent faire le désordre dans les centres-villes, samedi prochain, seront empêchés de faire le désordre »
, martèle Emmanuel Macron. Ses ministres de l’Intérieur et de la Justice ainsi que son Premier ministre ont reconnu en début de semaine les failles du dispositif policier, pointant notamment « un manque d’anticipation »
. Le chef de l’État assure ensuite vouloir « une discussion avec les organisations syndicales »
, reçues ce mercredi matin par Sébastien Lecornu, et avec les « forces politiques
« , attendues jeudi après-midi à Matignon, « pour responsabiliser tout le monde dans ce contexte ». « Parce qu’on a eu trop de gens ambigus, trop de gens pour expliquer qu’il y avait des violences légitimes. Non, il n’y a aucune violence légitime (…). Ni verbale, ni physique. Ni contre les biens, ni contre les personnes »
, déclare le président.
La main ne doit pas trembler au sommet de l’État
La main ne doit pas trembler au sommet de l’État
Emmanuel Macron
« Le début de la violence, c’est la justification du reste. En démocratie, il n’y a rien qui justifie la violence. Et à côté de ça, il y a évidemment le travail qui est fait pour traiter les demandes légitimes, en particulier pour notre jeunesse »
, note-t-il à propos de la mobilisation lycéenne qui ne faiblit pas malgré les vacances scolaires. « L’objectif, c’est d’entendre, de respecter les inquiétudes, les désaccords, parfois les colères qui sont là, d’en traiter les causes profondes, de le faire de manière ordonnée, mais de les séparer de la violence qui s’est exercée, à laquelle nous ne céderons rien »
.
Critiqué pour s’être envolé au Moyen-Orient au lendemain des violences, Emmanuel Macron « assume totalement d’avoir maintenu ce qui était prévu ». « La main ne doit pas trembler au sommet de l’État (…). Nous avons besoin de ce que nous sommes en train de faire pour les Français dans les semaines et les mois qui viennent »
, poursuit-il alors qu’il a « sécurisé »
200.000 tonnes de diesel par mois en provenance de Bahreïn et des Émirats arabes unis.
« J’ai deux fois par jour le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur également, évidemment, mon cabinet. Et je reviendrai tout à l’heure. Et les choses reprendront leur cours pour ce qui me concerne. Mais je suis dans mon rôle, je suis à ma tâche. Il y a beaucoup de gens pour commenter, il y a très peu de gens pour prendre leurs responsabilités. Moi, je les prends »
.

