- Les hérissons sont-ils en train de disparaître du territoire français ?
- Déjà décimés par les voitures et l’agriculture intensive, ils sont aussi mis en difficulté par le changement climatique.
- Des associations et des particuliers se démènent pour les aider.
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Initiatives environnementales
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Nadine dépose régulièrement des animaux blessés dans ce centre de sauvegarde des Ardennes. « Alors lui, il vient de Troyes »
, annonce-t-elle en tendant un carton. À l’intérieur, comme souvent, c’est un hérisson. Ici, il va être hébergé, nourri et surtout soigné. « Il avait un problème au niveau des poumons et là, du coup, il y a des inhalations pour aider ses voies respiratoires à se rétablir »
, explique une vétérinaire dans le reportage du 13H ci-dessus. Les hérissons sont ensuite relâchés dans la nature, mais cela ne suffit pas à sauver les populations. L’espèce est désormais considérée comme « quasi-menacée » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). C’est la dernière marche avant la menace d’extinction, si des mesures ne sont pas prises pour la préserver.
« Il y en a de moins en moins en liberté »
« Les années précédentes, sur l’ensemble des animaux qu’on recueillait, un sur cinq était un hérisson. Et maintenant, ça n’est plus qu’un sur dix. C’est plutôt un mauvais signe, c’est parce qu’en fait, il y en a de moins en moins en liberté »
, estime Nicolas Villerette, le responsable du parc zoologique du parc Argonne. Pour comprendre cette disparition de la moitié des hérissons en France, des chercheurs n’hésitent pas à placer des balises sur leur dos.
Une espèce très mobile
Le résultat est impressionnant : les hérissons ne cessent de se déplacer. « Tous les soirs et tous les matins, il retourne se coucher ici. Là, on voit qu’il a utilisé le jardin. Ils font facilement 4, 5 kilomètres chaque nuit. En fait, il y a de moins en moins d’habitats favorables avec l’intensification de l’agriculture. Là-dessus s’ajoute aussi le réchauffement climatique »
, énumère Rose Delamare, doctorante en biologie de la conservation.
Car plus il fait chaud, moins le hérisson trouve d’insectes pour se nourrir ou d’eau pour s’hydrater. Il doit donc prendre plus de risques. Certains s’en inquiètent sur les réseaux sociaux, d’autres décident d’agir avec l’aide d’associations, en installant des abris dans leur jardin. Chasseur de nombreuses espèces, et lui aussi chassé par d’autres, comme le renard, le chat ou le hibou, le hérisson est pleinement intégré, et donc indispensable, à notre écosystème.
La rédaction de TF1info | Reportage : Arnaud MACHABERT et Christophe HANESSE

