- Dans le Sud-Ouest, une communauté de communes propose des voyages en minibus à destination… d’un médecin.
- Une initiative qui vise à lutter contre les déserts médicaux en zone rurale.
- Le 13H de TF1 a embarqué à bord dans les Vosges.
Suivez la couverture complète
Le 13H
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
On croirait à un départ en balade. Ce vendredi matin, sept habitantes du sud des Vosges montent dans un minibus pas comme les autres, visible dans le reportage du 13H ci-dessus. Elles vont passer des examens de dépistage du cancer du sein à Épinal, à 40 kilomètres de leur domicile.
Au volant, c’est l’assistante administrative de la communauté de communes, qui organise ces voyages médicaux gratuits. Ils ont lieu quatre ou cinq fois par an, à destination de médecins spécialistes, tels que des radiologues ou ophtalmologues, qui sont de moins en moins nombreux à exercer en milieu rural. Un enjeu que connaît bien Magali Da Silva : « C’est très compliqué, c’est loin, donc pour les personnes qui n’ont pas forcément de véhicule, pas de permis, des personnes âgées, c’est utile pour eux ».
Il faut affronter, donc à plusieurs, c’est plus facile, ça rassure.
Il faut affronter, donc à plusieurs, c’est plus facile, ça rassure.
Une usagère du minibus médical
Les rendez-vous sont prévus longtemps à l’avance et pour tout un groupe, ce qui facilite l’organisation et permet aux usagères de passer leur examen plus sereinement. « Il faut affronter, donc à plusieurs, c’est plus facile, ça rassure »
, confie l’une d’entre elles à notre micro. Virginie Bourrel, médecin radiologue, abonde : « On a trouvé que c’était une initiative très intéressante parce que ça amène au
dépistage
des patients qui n’y avaient pas forcément accès, car il y a moins de possibilités de centres où il est possible de faire sa mammographie »
quand on se trouve en zone rurale.
Un seul dentiste pour 12 000 habitants
Dans la communauté de communes Sud-Ouest des Vosges, qui compte 60 localités, les 12.000 habitants n’ont plus qu’un seul dentiste. « Ça fait 8 ans que je n’avais pas de dentiste. Ils n’ont plus de place ou ils sont proches de la
retraite
«
, commente une autre usagère du minibus. En passant devant un cabinet de médecins, un emplacement de plaque est vide : c’est celui du kiné qui vient de fermer boutique, à 85 ans passés.
Face au manque de spécialistes, les élus multiplient les initiatives, comme le raconte Alain Roussel, président (sans étiquette) de la Communauté de communes : « On a acheté le matériel des anciens kinés. On a deux étudiantes en médecine qui ont signé une convention avec nous, à qui on donne 1000 euros par mois pendant leurs études, de la 6ᵉ à la 10ᵉ année, à condition qu’elles s’engagent dans notre territoire pour 5 ans ».
En attendant, les voyages médicaux vont se poursuivre et même se développer : la plupart d’entre eux affichent complet pour l’an prochain.

