La France a appelé vendredi Moscou « à revenir » sur sa décision de prendre le contrôle d’actifs d’entreprises européennes encore implantées en Russie comme Nestlé et Auchan, justifiée par le Kremlin par leur appartenance à des pays « inamicaux ».
Selon un décret du président Vladimir Poutine publié jeudi, ces actifs ont été transférés sous « administration temporaire » d’une même société.
« La France dénonce la mise sous administration provisoire sans justification des filiales russes de plusieurs entreprises françaises et européennes » et elle « est en contact étroit avec les entreprises concernées et appelle les autorités russes à revenir sur cette décision », selon un communiqué conjoint des ministères des Affaires étrangères et de l’Economie.
Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 et les premières sanctions économiques décrétées par les Occidentaux, de nombreuses multinationales ont quitté la Russie, d’autres y ont suspendu leurs activités, et leurs actifs ont été saisis et transférés à des sociétés russes.
Mais certaines marques sont restées implantées, ce qui leur a valu parfois de vives critiques de l’Ukraine – et au-delà – au motif qu’elles participeraient ainsi au financement de l’Etat russe et donc de l’effort de guerre.
« L’un des facteurs qui a été pris en compte pour cette décision est le fait qu’il s’agit de pays inamicaux (…) qui sont actuellement impliqués de la manière la plus active possible dans des actions militaires contre notre pays » et « ont pris part aux frappes menées par le régime de Kiev contre nos infrastructures civiles et économique », a déclaré vendredi Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe.
Les actifs concernés, appartenant à Auchan, l’ex-Leroy Merlin et Nestlé ont été confiés à la société russe « L.E.V. Management », qui d’après le média d’investigation russe Novaïa Gazeta Europa a été fondée fin 2025 et est dirigée par Andreï Kraiouchkine, un général du ministère russe de l’Intérieur.
Nestlé a indiqué dans un bref communiqué « prendre note » de ce décret et être en train « d’évaluer la situation et ses options ». Le géant suisse de l’alimentation entend « prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses droits et assurer la continuité de ses activités, dans l’intérêt de toutes les parties prenantes, et en particulier de ses employés ».
– Prélude à une expropriation ? –
La filiale russe d’Auchan a de son côté indiqué avoir demandé des « clarifications » aux autorités, dans une déclaration citée par les agences de presse TASS et Ria Novosti.

