Une nouvelle intervention jeudi après pas loin de deux heures de discours la veille: Donald Trump poursuit son pari de personnaliser l’enjeu des élections américaines de mi-mandat, aux sombres perspectives pour les républicains qu’il a réunis lors d’une convention inédite à Dallas, au Texas.
Si le président octogénaire s’est réservé la conclusion de cet inhabituel rassemblement de son camp, il va laisser une part de lumière à son vice-président JD Vance, un de ses successeurs potentiels, appelé à la tribune jeudi soir.
JD Vance devrait, comme à la convention républicaine de 2024 avant l’élection présidentielle, mêler politique et histoire personnelle, en évoquant sa paternité et le jeune influenceur ultraconservateur Charlie Kirk dont il était proche, abattu il y a un an jour pour jour en plein meeting sur un campus, selon une source ayant connaissance du discours.
Les organisateurs, en ouvrant la seconde journée, ont revendiqué 20.000 spectateurs la veille – proche de la capacité maximale de la grande salle de l’équipe de basket des Mavericks.
Comme la veille pourtant, les tribunes hautes apparaissaient largement inoccupées.
Pendant son long discours mercredi, Donald Trump a martelé son message pour les élections législatives du 3 novembre: « Je vous demande de faire comme si j’étais sur le bulletin. Juste une fois de plus. »
Il a même été jusqu’à faire la « promesse » d’un « dividende » de 5.000 dollars à chaque adulte américain si les républicains parvenaient à conserver la majorité à la Chambre des représentants comme au Sénat – sans expliquer comment une telle initiative, potentiellement très coûteuse, serait financée.
– « Vaincre le communisme » –
A moins de deux mois du scrutin, les projections ne s’orientent pas dans cette direction. Elles anticipent que les démocrates vont s’emparer de la majorité à la chambre basse, entièrement renouvelée, le Sénat s’annonçant ultra disputé, selon le modèle Decision Desk HQ. Une bascule qui restreindrait sérieusement la marge de manoeuvre de Donald Trump pour les deux dernières années de son mandat.
A Dallas, les trumpistes fervents veulent croire à une mobilisation sur son seul nom, en dépit de sa cote de popularité anémique, sous les 35% dans certains sondages, et restent persuadés que la victoire est à portée des républicains.
« Nous allons gagner. C’est sûr. Parce que les Etats-Unis sont sur la bonne voie aujourd’hui. Nous avons un dirigeant qui fait ce qu’il faut », affirme à l’AFP Vincent Holley, sexagénaire afro-américain venu d’Oklahoma City.
Face à une audience acquise à sa cause, Donald Trump a de nouveau agité la menace que représenterait, à ses yeux, une victoire de l’opposition démocrate en faisant le serment de « vaincre le communisme en Amérique ».
Si les démocrates venaient à l’emporter, « je bloquerai toutes leurs mauvaises choses pendant deux ans », a-t-il affirmé jeudi au micro de Fox News.
– Vance en prime time –
Donald Trump compte s’employer pour faire pencher la balance en faveur de son camp en se rendant dans la trentaine de circonscriptions décisives.
Cette initiative sera-t-elle du goût des candidats sur le terrain ?
Si plus d’une centaine de candidats et parlementaires républicains sont annoncés à Dallas, d’autres, engagés dans des courses serrées, font l’impasse. Pour éviter d’associer frontalement leur campagne à un président aussi impopulaire et clivant ou privilégier leur campagne de terrain.
Banderoles et pancartes affichant les slogans « Je marche contre les politiques de Trump », « La démocratie n’est pas à vendre » ou encore « Levez-vous et résistez », entre 200 et 300 manifestants anti-Trump ont défilé proximité du lieu de la convention à la mi-journée, sous une chaleur torride.
« Je suis très inquiet pour la démocratie américaine. Je veux que les faits et la raison retrouvent une place centrale en politique. J’en ai ras-le-bol que des mensonges et des absurdités pures et simples passent pour acceptables aux yeux des gens », se désole auprès de l’AFP Everett Upshaw, avocat à Dallas.
Jamais les républicains n’avaient organisé de convention avant des élections de mi-mandat. Le format est habituellement réservé, pour eux comme pour les démocrates, aux années d’élection présidentielle.
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