A Bruxelles, à deux pas du Parlement européen, des centaines de lobbyistes, des fonctionnaires et des élus se mêlent lors d’une soirée de réseautage XXL.
Lobby européende l’automobile, du digital, du plastique, des détergents ou des éoliennes…: une vingtaine d’associations professionnelles influentes ont organisé cette réception mercredi, dans un majestueux chapiteau installé dans les jardins d’un musée.
Le message ? L’Union européenne doit davantage « entendre l’industrie », estime l’un des invités, Alain D’haese, qui représente la filière des aérosols.
Intitulée « The Party – Back2Business », cette soirée signe la rentrée des lobbyistes, cette activité qui consiste à défendre les intérêts des entreprises auprès des pouvoirs publics.
La capitale des institutions européennes en est une des places fortes.
Les industriels font des pieds et des mains pour tenter de peser sur les lois européennes qui s’appliqueront à un marché de 450 millions d’habitants.
Cabinets de lobbyistes, consultants, grandes entreprises, syndicats ou ONG, près de 18.000 organisations sont inscrites sur le « registre de transparence » de l’UE, où elles ont l’obligation de s’enregistrer pour plaider leur cause auprès des décideurs européens.
Les milieux économiques bénéficient actuellement d’un climat politique favorable à Bruxelles.
Depuis deux ans, l’Union européenne a adopté une approche pro-business, avec une kyrielle de lois de simplification de la vie des entreprises, qui hérissent les organisations environnementales.
Les lobbyistes ont « beaucoup de travail » en ce moment, confirme Umberto Gambini, qui avec son cabinet Forward Global, défend notamment des sociétés de la Tech.
Oui, « l’industrie est davantage entendue » durant ce mandat, car « on s’est rendu compte que certaines lois environnementales ont favorisé des acteurs non-européens », raconte aussi Paul Varakas, en charge des intérêts des producteurs européens de cigares.
Selon une étude d’ONG, les plus grandes entreprises dépensent 381,75 millions d’euros par an en lobbying à Bruxelles, en hausse de 7,8% par rapport à 2025.
– Des zones grises –
Le métier suscite son lot de fantasmes.
« Il y a un mythe négatif du lobbyiste. Ce serait un truc secret dans des corridors sombres. Mais ce n’est pas du tout ça », assure Alain D’haese.
« On est très transparent. On se présente. On vient expliquer comment fonctionne notre secteur. Il y a une très grande intégrité, sinon, on ne fait pas de vieux os dans ce métier », témoigne-t-il.
« On peut voir qui rencontre qui, quelles réunions ont lieu. Les institutions sont tenues de les recenser, et c’est une très bonne chose », abonde Umberto Gambini.

