- Les électeurs islandais sont appelés à voter pour savoir s’ils souhaitent reprendre les négociations avec l’Union européenne.
- En cas de victoire du « oui », un éventuel accord avec Bruxelles ferait l’objet d’un nouveau référendum.
- La pêche, incontournable de l’économie et de l’identité du pays, serait au cœur des négociations.
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L’Islande va-t-elle rester une île isolée ou s’ancrer à l’Union européenne ? Réponse ce week-end. Les habitants sont appelés aux urnes pour se prononcer lors d’un référendum au résultat très incertain. Concrètement, la consultation ne porte pas sur l’adhésion elle-même, mais sur la réouverture de discussions avec Bruxelles, interrompues en 2013. Il s’agit de déterminer les conditions dans lesquelles l’île de 400.000 habitants pourrait rejoindre l’UE, notamment dans le secteur hypersensible de la pêche.
Samedi 29 août, les citoyens devront répondre à la question « L’Islande doit-elle reprendre les négociations d’adhésion avec l’Union européenne ? » En cas de victoire du « oui », un éventuel accord avec Bruxelles ferait l’objet d’un nouveau référendum et nécessiterait probablement une modification de la Constitution ainsi qu’une ratification par les Vingt-Sept. « Les gens doivent voir cela comme une opportunité, pas comme une décision finale
« , a détaillé à l’AFP la Première ministre Kristrun Frostadottir.
Un contexte international qui bouscule les certitudes sécuritaires
L’île avait présenté une candidature en 2009, après la crise financière qui avait terrassé son économie. Les négociations, ouvertes en 2010, avaient été gelées trois ans plus tard après l’arrivée au pouvoir d’une coalition eurosceptique. Le décor a aujourd’hui radicalement changé. « L’UE regarde autour d’elle, elle conclut des accords avec l’Inde, avec le
Mercosur
. Nous voyons changer le climat mondial, avec des droits de douane utilisés comme des armes
« , a souligné la Première ministre.
Dans une économie redevenue prospère mais avec une devise volatile, les Islandais subissent une inflation et des taux d’intérêt élevés : la banque centrale vient de relever son taux pour la troisième fois depuis le début de l’année, à 8%. De quoi rendre l’adoption de l’euro attrayante aux yeux des ménages endettés.
Au plan international, le retour de la guerre en Europe avec l’invasion russe de l’Ukraine a bousculé les certitudes sécuritaires. L’imprévisibilité de Donald Trump et ses velléités sur le Groenland voisin ont ajouté aux inquiétudes : stratégiquement située aux portes de l’Arctique, l’île de l’Atlantique Nord n’a pas d’armée et dépend de l’Otan ainsi que d’un accord bilatéral avec les Etats-Unis pour sa défense.
Autre point crucial : la pêche. Les produits de la mer représentent environ 40% des exportations de biens. Un demi-siècle après la dernière « guerre de la morue » face au Royaume-Uni, beaucoup rechignent à abandonner à Bruxelles la moindre parcelle d’un contrôle des eaux si chèrement conquis. Pourtant europhile, la ministre des Affaires étrangères Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir a prévenu que Reykjavik réclamerait dans toute négociation le maintien de sa souveraineté dans ce domaine. Une demande d’exemption difficilement compatible avec la politique commune de la pêche de l’UE dans sa forme actuelle.
Bruxelles reste discret mais a envoyé des signes de compromis susceptibles de déminer le terrain. Pour l’UE, la perspective d’accueillir un pays riche, stable et déjà largement intégré via son appartenance à l’Espace économique européen constituerait une vitrine avantageuse pour sa politique d’élargissement, tout en renforçant sa présence dans une région convoitée.

