Le groupe audiovisuel public canadien CBC a annoncé vendredi 28 août modifier sa politique concernant l’usage du mot « terrorisme » pour qualifier les attentats du 11 septembre 2001, après avoir été notamment attaqué par le patron du FBI en pleines tensions entre Washington et Ottawa.
« Soyons clairs, CBC News n’a jamais dit que ce qui s’est passé le 11 septembre 2001 n’était pas du terrorisme, comme certains commentateurs l’ont prétendu ces derniers jours », a écrit vendredi, sur le site internet du groupe, Basem Boshra, directeur en charge des standards journalistiques et de la confiance du public au sein du groupe.
« Nous avons rendu compte de manière complète et exacte des raisons et des motivations de ces attaques, comme l’ont déterminé la police, les gouvernements et une commission indépendante. Nous avons simplement veillé à le faire via l’attribution » du terme « terrorisme » à des sources, a-t-il ajouté.
Mais « après avoir examiné nos directives actuelles en matière de langage, nous avons décidé de les ajuster afin de préciser qu’une attribution directe n’est pas nécessaire pour qualifier de terrorisme les événements historiques du 11-Septembre », a-t-il conclu.
Un échange interne a fuité
Cette controverse est née de la publication par des médias d’un message échangé en interne à CBC où une consigne de ne pas utiliser le mot « terrorisme » pour qualifier le 11-Septembre était donnée. « L’extrait ayant fuité, sans contexte ni explications, a suscité davantage de questions de la part du public auxquelles nous devons désormais répondre », a reconnu Basem Boshra.
Dans un contexte d’escalade du conflit commercial entre Washington et Ottawa, le groupe audiovisuel public s’est retrouvé sous le feu des critiques, en particulier aux États-Unis.
« Toute agence au Canada qui ne rejette pas publiquement cette dénaturation de l’histoire, et cette insulte aux âmes perdues lors du plus grand attentat terroriste de l’histoire des États-Unis, n’aura plus d’ami au sein du FBI », a écrit le patron de la police fédérale américaine Kash Patel sur son compte X.
L’opposition canadienne demande des excuses
L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, a jugé pour sa part, toujours sur X, que « l’incapacité à reconnaître ou à affronter les idéologies radicales et terroristes met gravement en danger nos efforts visant à instaurer et harmoniser un partenariat commun en matière de sécurité nationale et économique ».
Au Canada, le chef de l’opposition conservatrice Pierre Poilievre avait lui appelé CBC à « immédiatement présenter ses excuses et retirer cette directive ». « Qualifier les attentats du 11-Septembre autrement que d’attaque terroriste est une déformation malhonnête de l’histoire », a-t-il estimé.
Le 11 septembre 2001, 2.977 personnes ont péri dans les attentats commis par l’organisation jihadiste Al-Qaïda.
Deux avions détournés par des pirates de l’air ont percuté les deux tours du World Trade Center à New York, un troisième a éventré le Pentagone et un quatrième, qui semblait viser le Capitole ou la Maison Blanche, s’est écrasé dans une zone boisée de Shanksville, en Pennsylvanie, après une contre-attaque des passagers.
Article original publié sur BFMTV.com

