Berlin, Londres, Paris et Rome ont appelé ce jeudi 20 août Israël à « mettre fin à l’expansion des colonies en Cisjordanie » et à « retirer immédiatement » les appels d’offres lancés cette semaine concernant la construction de plus de 1.200 logements pour le vaste projet E1.
« À un moment où la Cisjordanie connaît une instabilité grave, avec des niveaux sans précédent de violences commises par des colons contre des civils et de sérieuses restrictions imposées à l’économie palestinienne, cette décision est d’autant plus préoccupante », ont déploré les quatre pays dans une déclaration conjointe.
« La colonie E1 compromettra les perspectives d’une solution à deux États en créant une division à travers la Cisjordanie et en portant atteinte à la continuité territoriale des Territoires palestiniens », ont-ils ajouté.
3.400 nouveaux logements déjà prévus
« E1 couperait la Cisjordanie en deux, séparant les communautés palestiniennes du nord de celles du sud, et isolerait davantage Jérusalem-Est du reste du territoire palestinien. Cela compromettrait gravement la viabilité de la solution à deux États », a renchéri le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot.
« Les colonies israéliennes sur le territoire palestinien occupé sont illégales au regard du droit international. J’appelle le gouvernement israélien à retirer ces appels d’offres, à interrompre le projet E1 et à mettre fin à l’expansion des colonies », a écrit Maxime Prévot.
Israël a approuvé en août 2025 le programme E1, qui prévoit l’édification de quelque 3.400 logements en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, précisément sur une zone de 12 kilomètres carrés à l’est de Jérusalem, entre la colonie de Maale Adoumim et Jérusalem-est.
Le projet E1 est « inacceptable »
Le ministère israélien du Logement a lancé mardi un appel d’offres pour la construction de plus de 1.200 logements dans le cadre du projet, selon l’ONG israélienne La Pais maintenant et des médias israéliens. Les intéressés ont jusqu’au 19 octobre pour déposer une offre, soit huit jours avant les élections législatives.
Berlin, Londres, Paris et Rome affirment en outre que ces décisions sur la colonisation vont continuer à « affaiblir la position d’Israël sur la scène internationale ». L’ouverture des appels d’offres pour le projet E1 est « inacceptable », disent-ils.
Et les quatre pays européens mettent en garde les entreprises qui seraient tentées d’y participer. « Les entreprises ne doivent pas envisager de soumissionner aux appels d’offres pour ces projets de construction. Elles doivent être conscientes des conséquences juridiques et réputationnelles, notamment du risque de se rendre complices de graves violations du droit international », avertissent-ils dans leur déclaration.
Article original publié sur BFMTV.com

