Avec notre correspondant à Conakry, Mouctar Bah
Mandiana est l’un des bassins aurifères de la Guinée. Chaque année des tonnes d’or y sont extraites. Mais, derrière cette richesse, se cache une réalité bien moins reluisante : exploitation clandestine, dégradation de l’environnement, accidents meurtriers, réseaux informels et manque à gagner pour les finances publiques.
C’est dans ce contexte que la justice s’intéresse aujourd’hui aux représentants de l’État dans cette préfecture, dont le préfet, le colonel Aboubacar Sidiki Traoré, placé en garde à vue dans les locaux l’office de repressions des délits économiques et financiers (Ordef) depuis plusieurs jours.
L’enquête devra établir si des responsabilités individuelles peuvent être retenues contre lui. À ce stade, rien n’est encore prouvé, explique une source proche du dossier, qui a requis le strict anonymat.
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Les dérives du secteur dénoncées
« Mais cette affaire soulève une autre interrogation, un préfet peut-il à lui tout seul expliquer les dérives observées depuis des années dans une région où l’orpaillage mobilise des milliers de personnes et implique de multiples acteurs ? », questionne cette source.
« La lutte contre l’exploitation illégale ne peut se limiter à des arrestations spectaculaires », explique une autre source qui ajoute que cette lutte « exige une véritable stratégie et des sanctions contre tous ceux qui profitent des ces circuits, quelque soit leur rang ».
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