À un an de la fin de son second quinquennat, Emmanuel Macron a sacrifié ce lundi 13 juillet au traditionnel discours aux Armées à la veille de la fête nationale. L’occasion pour le chef de l’État de revenir sur son bilan de dix ans comme chef des Armées — « sa plus grande fierté » — mais aussi de délivrer plusieurs autres messages, pas uniquement destinés aux forces armées.
Depuis l’Hôtel de Brienne, Emmanuel Macron a réendossé son costume de chef d’État français europhile. Saluant le « réveil stratégique » au service de la « paix », il a estimé que « l’Europe est en train de devenir une puissance » avec des États « assumant de se défendre et d’agir, unis ». « Le message que nous envoyons au monde est le suivant : oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s’il le faut », a martelé Emmanuel Macron, tout en réaffirmant la « ligne claire de non-belligérance » de la France.
Sur le plan national, le chef de l’État est revenu sur les avancées obtenues sous sa présidence, notamment avec l’augmentation du budget de la défense, un engagement « tenu », s’est-il félicité. Avant de poursuivre dans un discours qui semblait surtout destiné aux industriels français, dans un contexte d’élection présidentielle.
L’appel aux industriels à « prendre des risques »
« Notre réarmement, ce sont aussi les efforts de la direction générale de l’armement et nos industriels pour innover. (…) Compte tenu des menaces, toute notre industrie de défense doit se mobiliser pour gagner en agilité, répondre aux enjeux », a réclamé le chef de l’État. Il a ainsi appelé le public comme le privé à « investir davantage » afin d’innover et d’augmenter les capacités de production. Ce, autant pour faire face à la concurrence internationale que pour « décourager les adversaires » et répondre aux besoins nationaux.
« Nous ne vendrons pas des solutions si nous expliquons aux clients qui veulent se protéger aujourd’hui que nous leur livrerons les munitions et les missiles qui vont avec dans cinq ou sept ans. Des compétiteurs arrivent, qui les leur proposent pour demain. Nous devons investir, prendre des risques. Je compte sur nos industriels pour le faire et réaliser ce nouvel ordre », a-t-il lancé.
Un message aussi bien valable à l’échelle française qu’à l’échelle européenne où, « malgré l’échec du SCAF », ce projet d’avion de combat franco-allemand, il a exhorté à poursuivre les divers projets de défense à l’image du futur char de combat franco-allemand. « Nos entreprises du secteur doivent s’habituer à prendre davantage de risques, sans forcément sécuriser toutes les commandes comme on le fait dans beaucoup de secteurs. À produire plus vite, à mobiliser les programmes et financements que nous avons très souvent inspirés. À tout faire pour bâtir des standards européens et une vraie préférence européenne », a exhorté le président français.
Enfin, à dix mois d’une élection présidentielle où le Rassemblement national est donné favori, Emmanuel Macron a mis en garde contre « les nationalismes ». « Partout où on crée de la disynergie, on se fait plaisir sur le moment mais on crée les retards de demain. Partout où on flatte les nationalismes, en France ou ailleurs, on se trompe sur l’histoire qui est la nôtre. Le patriotisme oui, le nationalisme jamais. Et au moment où l’Europe se réarme, penser qu’accumuler chacun séparément des capacités est le sens de l’histoire, c’est une absurdité », a-t-il conclu. En marge des célébrations du 14-Juillet, Emmanuel Macron reçoit à compter de ce 13 juillet les dirigeants des pays membres de la coalition des Volontaires en faveur de l’Ukraine.
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