Des températures atteignant 45°C dans certaines régions françaises dès lundi 6 juillet : c’est ce qu’affirme une publication devenue virale sur les réseaux sociaux. On y voit une carte de la France colorée en rouge foncé, accompagnée du message : « Une deuxième canicule, plus chaude et plus longue, devrait s’installer en France dès le 6 juillet prochain, avec jusqu’à 45 degrés attendus. » Ce visuel a notamment été publié le 29 juin par le compte Instagram Dormir au courant – un compte d’actualité –, sur lequel il a été « liké » près de 172 000 fois.
Mais cette affirmation est trompeuse. Le compte Dormir au courant n’est pas spécialisé en météorologie. Il dit s’appuyer sur le site de prévisions météorologiques suisse Meteologix. Or, contacté par Franceinfo, le site assure que la carte diffusée ne provient pas de ses services.
Publication du compte Dormir au courant, partagée sur Instagram le 29 juin.
L’autre source citée est Selectra, un comparateur d’énergie qui ne produit pas de prévisions météorologiques. La carte publiée sur son site le 25 mai concernait une autre vague de chaleur et n’avait aucun lien avec la semaine du 6 juillet.
Ce qui est vrai
Un nouvel épisode de fortes chaleurs est bien attendu en France à partir de la fin de cette semaine. Dans ses dernières prévisions, Météo-France indique que les températures augmenteront progressivement, d’abord dans le sud de la France, avant de s’étendre à une grande partie du pays. Plus de 30°C sont attendus sur la majorité du territoire, avec 35°C ou davantage dans le sud.
Météo-France précise également que la chaleur pourrait encore s’intensifier la semaine prochaine sous l’effet d’un anticyclone. En revanche, l’ampleur exacte de cet épisode reste encore incertaine et il est donc impossible, à ce stade, d’affirmer que des températures de 45°C seront atteintes.
Interrogée sur France Inter, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a également évoqué une forte probabilité d’un retour des fortes chaleurs entre le 6 et le 14 juillet. Ses déclarations portent toutefois sur un épisode de chaleur, sans confirmer les températures extrêmes avancées dans les publications virales.
Ce qui est exagéré
Selon le média Bon Pote, spécialisé dans les questions d’écologie et de climat, le chiffre de 45°C repose sur un unique scénario du modèle météorologique américain Global Forecast System (GFS), dans sa version dite « déterministe ». Ce modèle ne simule qu’une seule évolution possible de la météo. S’il est relativement fiable à très court terme, sa précision diminue fortement au-delà de trois jours.
Les météorologues privilégient, pour les prévisions à plus longue échéance, les modèles ensemblistes, comme celui du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF). Ceux-ci génèrent une cinquantaine de scénarios en faisant varier légèrement les conditions de départ, afin d’estimer les différentes évolutions possibles.
Pour la semaine du 6 juillet, ces scénarios convergent sur un point : un temps chaud, sec et ensoleillé est probable. En revanche, ils divergent sur l’intensité de la chaleur. Quelques scénarios, très minoritaires, envisagent des températures comparables à celles de la canicule de juin, tandis que d’autres prévoient des valeurs proches des normales de saison. La tendance la plus probable fait plutôt ressortir des températures 4°C à 5°C au-dessus des normales.
Le chiffre de 45°C ne constitue donc pas une prévision, mais un scénario extrême et peu probable, issu d’un seul modèle. Le présenter comme la température attendue en France à partir du 6 juillet est donc trompeur.











