- La 79e édition du Festival de Cannes s’ouvre mardi avec la projection de « La Vénus Électrique » du Français Pierre Salvadori.
- L’intelligence artificielle, qui fascine autant qu’elle inquiète, devrait beaucoup faire parler sur la Croisette.
- Même si, à de rares exceptions près, ses progrès – et ses dangers – ne semblent pas beaucoup inspirer les cinéastes.
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Festival de Cannes 2026 : films attendus, stars et actualités de la Croisette
Une Palme d’or à base d’IA ? Ce n’est pas pour cette année. Mais qui sait demain ? À quelques heures de l’ouverture de la 79e édition du Festival de Cannes, la révolution numérique devrait être au cœur des discussions durant le rendez-vous incontournable de la planète ciné. « L’intelligence artificielle sait imiter, très bien même, mais elle ne saura jamais ressentir »
, déclarait le mois dernier Iris Knobloch, la présidente de la manifestation, lors de l’annonce de la sélection 2026. « Derrière chaque image, il y a un cinéaste, mais aussi des dizaines, parfois des centaines de personnes qui ont mis leur talent, leur énergie, leur âme dans un projet commun »
, insistait-elle.
Des talents qui s’inquiètent pour l’avenir de leur profession à l’image des quelque 4.000 acteurs, actrices et cinéastes français qui avaient dénoncé « le pillage en règle »
de leur travail par l’IA générative, dans une tribune publiée avant les César fin mars, réclamant une action urgente de la part des pouvoirs publics afin de réglementer un secteur en plein far west juridique. Feront-ils parler d’eux sur le tapis rouge du Palais des Festivals durant la quinzaine ? Voire dès la cérémonie d’ouverture animée par Eye Haïdara ? Par le plus étonnant des hasards, la comédienne franco-malienne sera également sur la Croisette pour présenter hors compétition L’Objet du délit
, la nouvelle comédie d’Agnès Jaoui dans laquelle une foule a été générée par IA, faute de budget suffisant pour engager des figurants.
Un film avec de « vrais » acteurs pour commencer
Temple du cinéma d’auteur, le Festival de Cannes ne s’est pas encore doté d’un règlement spécifique en la matière, comme vient de le faire l’Académie des Oscars. Mais sa sélection fait comme toujours la part belle aux écritures singulières, à rebours des blockbusters formatés, et mise sur l’être humain comme dans le film d’ouverture, La Vénus Électrique
de Pierre Salvadori. Un amour de comédie française qui débute au cœur d’une foraine, dans le Paris des années 1920, à une époque où l’illusion se pratiquait au grand jour, sans écran ni algorithme. Elle est portée par Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche et Vimala Pons, fraîchement récompensée aux César pour son second rôle bouleversant dans L’Attachement
. Quatre comédiens talentueux qu’on imagine mal remplacés par un logiciel dans un futur proche. Enfin, on espère.
Si les nouvelles technologies sont un sujet de fascination et/ou d’inquiétude pour l’industrie cinématographique, il ne semble pas beaucoup inspirer les créateurs à l’écran. Hormis Sheep in the box
, le nouveau film du réalisateur japonais Hirokazu Kore-Eda, dans lequel une famille endeuillée décide d’adopter un enfant humanoïde, la plupart des longs-métrages en sélection oscillent entre drames contemporains et fresques historiques… avec une passion renouvelée du cinéma français pour la Seconde Guerre mondiale, entre la première partie de La Bataille de Gaulle
par Antonin Baudry, Moulin
de Laszlo Nemes, Notre salut
d’Emmanuel Marre ou encore La Troisième Nuit
de Daniel Auteuil. Le passé pour éclairer le présent ? À voir.
Le seul qui semble avoir envie de se payer l’IA, c’est Quentin Dupieux. Deux ans après avoir fait l’ouverture avec Le Deuxième acte
, un film dont les acteurs jouaient un scénario écrit par un robot, le réalisateur le plus prolifique du moment revient à Cannes avec Full Phil
, son premier film en anglais avec Kristen Stewart et Woody Harrelson. Mais aussi avec Le Vertige
, un film d’animation présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Il a été tourné en prises de vue réelles avant que ses comédiens, dont Jonathan Cohen et Alain Chabat, soient métamorphosés via Blender, un logiciel d’animation 3D en open source qui leur donne davantage le look des personnages des Sims que des héros de la saga Avatar
. La bonne blague de Cannes 2026 ?











