- Le porte-avions Charles De Gaulle et ses escorteurs ont franchi le canal de Suez ce mercredi 6 mai.
- « Ils sont en route vers le sud de la mer Rouge », a annoncé le ministère français des Armées dans un communiqué.
- La France veut montrer qu’elle est prête et capable de sécuriser le détroit d’Ormuz.
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L’immense porte-avions Charles de Gaulle traversant l’étroit canal de Suez ce mercredi, c’était l’image du jour. Sur son pont trônent des avions de chasse Rafale et un appareil capable de surveiller l’espace aérien. Tandis que son escorte ultramoderne navigue dans le sillage de ce géant des mers. Parti de Crète, le Charles de Gaulle vient donc de passer le canal de Suez et se dirige vers le sud de la mer Rouge pour se positionner dans le golfe d’Aden, non loin du détroit d’Ormuz.
Pourquoi cette mission ?
Le franchissement du canal de Suez par le navire-amiral de la flotte française permet d’envoyer « le signal que non seulement nous sommes prêts à sécuriser le détroit d’Ormuz mais que nous en sommes aussi capables »,
a expliqué un conseiller d’Emmanuel Macron, assurant parler au nom de la coalition des pays non-belligérants lancée en avril. Depuis le début de la guerre, la France et le Royaume-Uni, à la tête d’une coalition de 50 pays, ont pris un engagement : assurer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Selon le général François Chauvancy, consultant géopolitique à TF1-LCI, « dès lors qu’on évoque depuis plusieurs jours la possibilité d’un accord, il faut une force médiatrice. Et donc ce qu’on peut apporter, c’est cette capacité médiatrice d’un État non concerné par le conflit »,
affirme-t-il dans le reportage ci-dessus.
La France n’est pas engagée dans ce conflit, mais en cas d’attaque, le Charles de Gaulle est bien entouré avec trois frégates, un ravitailleur et un sous-marin. Si elle était prise pour cible par la flotte moustique iranienne, ces redoutables petits bateaux rapides et armés, cette armada pourrait se défendre. « En l’air, vous avez les Rafale qui peuvent intervenir. Au plus près, vous pouvez avoir les hélicos. Et autour, sur le bâtiment lui-même, vous avez un certain nombre d’armes d’autodéfense, y compris des mitrailleuses lourdes capables de détruire ce type de bateaux »,
précise notre consultant.
Une zone à risques
En attendant, le porte-avions et son escorte vont rester à bonne distance du détroit d’Ormuz, là où il est toujours risqué de s’y aventurer. Mardi 5 mai, le San Antonio, un porte-conteneurs long de 222 mètres, propriété de l’armateur français CMA-CGM, a été visé par un projectile iranien. Des membres d’équipage ont été blessés et le navire a été endommagé. Sur la carte ci-dessous, on peut voir le trajet du cargo sous pavillon maltais, avant qu’il ne soit attaqué, au large d’Oman.

Dans ce contexte très tendu, 26 marins français sont toujours bloqués dans le secteur. Une situation anormale, selon Emmanuel Chalard, secrétaire général de la Fédération des officiers de la marine marchande. « Nous, on est là pour naviguer, on n’est pas des militaires, donc on n’a rien à faire dans cette zone de guerre. La seule utilité de nos collègues qui sont là-bas, c’est de maintenir les navires en état »
, admet-il. Au total, 59 bateaux appartenant à des armateurs français ne peuvent toujours pas franchir le détroit d’Ormuz.











