Le débat d’entre-deux-tours entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal a 19 ans, mais il est resté dans les mémoires. Samedi 18 avril, l’ancienne candidate du PS à la présidentielle invitée de l’émission Quelle Époque ! sur France 2 a pu revoir un extrait marquant où elle s’emporte contre son adversaire. Une séquence qui illustre selon elle le « mépris » du candidat UMP.
Découvrez HuffPol, notre newsletter 100 % politique
L’échange portait sur la scolarisation des enfants porteurs de handicap. Alors que Ségolène Royal se dit « très en colère » de la proposition de Nicolas Sarkozy de créer un droit opposable, ce dernier lui enjoint de « se calmer ». « Pour être président de la République, il faut être calme », lâche-t-il. « Non, pas quand il y a des injustices. Il y a des colères qui sont parfaitement saines » réplique la candidate du Parti socialiste. La séquence est par la suite devenue une illustration du sexisme en politique. Alors même que l’intégralité des images n’a pas été montrée à l’écran.
À l’époque, le réalisateur n’avait pas obtenu l’autorisation de diffuser des plans de coupe, et il devait donc filmer le candidat qui avait la parole. Pendant le coup de colère de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy n’était donc pas visible à l’écran. Mais comme le montrent des images plus larges diffusés dans Quelle Époque !, le candidat UMP n’a quasiment pas regardé son adversaire pendant la séquence.
Sur le plateau de France 2 samedi soir, Ségolène Royal y a vu une stratégie assumée. « Ses équipes avaient expliqué qu’il avait eu une technique pendant ce débat qui était de ne jamais me regarder. Ou de me regarder au-dessus de la tête ou de feuilleter ses feuilles. C’était une sorte de mépris pour le débat », a-t-elle jugé. Avant de tacler, féroce : « Mais comme on le sait il y aura eu plus grave pendant cette campagne », dans une allusion à l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy qui lui a valu 21 jours en prison.
Avec du recul, l’ancienne candidate à la présidentielle trouve la stratégie « ridicule ». Mais dit n’avoir « aucun regret » sur ce moment crucial de l’entre-deux-tours. Elle évoque les retombées positives du débat dans la presse internationale où il est dit que « j’ai gagné le combat ». Quid des retombées en France ? Ségolène Royal s’en prend aux équipes de campagne de Nicolas Sarkozy qui ont « fait le storytelling pour dire que je me suis mise en colère ».
Défaite au second tour, la candidate du PS est revenue à plusieurs reprises sur le sexisme et le machisme venus de tous les camps et qui ont, selon elle, contribué à sa défaite. Le titre de son dernier ouvrage Mais qui va garder les enfants ? (ed. Fayard, 2025) est directement inspiré d’une phrase de Laurent Fabius lorsqu’elle avait annoncé sa candidature.
Ségolène Royal a rendu visite à Christophe Gleizes et annonce une première bonne nouvelle
Ciblée par François Bayrou dans l’affaire Bétharram, Ségolène Royal nie et l’accable à son tour











