La parole se libère et les accusations se multiplient contre Patrick Bruel. Déjà visé par plusieurs plaintes, le chanteur de 66 ans fait de nouveau parler de lui ce lundi 13 avril après la diffusion de quatre nouveaux récits d’agressions sexuelles. Deux font déjà l’objet de plaintes devant la justice, dont une pour viol.
C’est le magazine Elle qui dévoile ces nouvelles accusations, qui s’ajoutent aux trois autres plaintes et aux nombreux témoignages révélés par Mediapart et RTL ces dernières semaines.
« Fuck you Patrick Bruel » : après les révélations de Mediapart, des personnalités réagissent
Parmi celles qui accusent l’artiste de 66 ans dans l’article publié ce lundi, il y a Ophélie Fajfer. Cette jeune femme avait déjà déposé plainte contre Patrick Bruel pour viol et agression sexuelle pour les mêmes faits en 2021. Selon le magazine, sa plainte classée sans suite en 2022 va finalement être transmise au parquet de Saint-Malo pour un éventuel réexamen des faits. « Un nouvel espoir et un soulagement », glisse la plaignante à Elle. Une autre plainte contre le chanteur existe déjà à Saint-Malo depuis septembre 2024 et a déclenché l’ouverture d’une enquête pour viol.
Patrick Bruel « m’a volé ma première fois »
D’après le témoignage d’Ophélie Fajfer, c’est en 2015 qu’elle avait rencontré l’interprète de Place des grands hommes, à l’occasion du tournage d’un clip des Enfoirés à Montpellier. Alors âgée de 19 ans, Ophélie Fajfer démarre ensuite une conversation en ligne avec le chanteur. Plusieurs rencontres ont lieu les mois suivants. Lors d’une visite au domicile du chanteur, à l’Isle-sur-la-Sorgue, elle affirme que Patrick Bruel aurait tenté de l’embrasser, malgré son refus. « Il insiste, la serre fort par la taille, lui intime “d’ouvrir grand la bouche” », relate Elle. L’agression se serait poursuivie avec une pénétration digitale dans la piscine, puis de nouveaux faits d’agression sur un matelas hors de l’eau.
« Cela restera entre nous, jamais personne ne le saura », lui aurait-il glissé avant de la laisser partir. Ce récit, la jeune plaignante l’avait déjà fait au moment de son premier dépôt de plainte, en 2021, motivée par d’autres accusations du même genre portées contre le chanteur et dévoilées dans la presse. Cette plainte avait d’ailleurs donné lieu à une confrontation avec Patrick Bruel en août 2022, mais finalement classée sans suite, faute de preuves suffisantes. « Il m’a volé ma première fois, mon insouciance », clame-t-elle aujourd’hui, désormais accompagnée d’une avocate qui compte redéposer plainte avec constitution de partie civile si le parquet de Saint-Malo refuse la réouverture de l’enquête.
« La justice a décidé un classement sans suite de cette plainte. C’est la conclusion des enquêteurs et des magistrats sur ce sujet. Elle est claire, et elle conforte l’innocence de Patrick Bruel », défendent de leur côté les avocats du chanteur. À l’heure actuelle, ce dernier réfute l’ensemble des accusations le visant.
Le chanteur nie toute forme de contrainte
Le magazine Elle évoque pourtant un autre témoignage avec dépôt de plainte à la clé, cette fois auprès du Parquet de Paris. Cette deuxième plaignante témoigne anonymement dans Elle de faits remontant à l’année 2000. Soucieux d’aider cette journaliste culturelle dans un projet d’encyclopédie de la musique noire-américaine, Patrick Bruel l’aurait, selon elle, invitée à le rejoindre dans sa chambre d’hôtel, prétextant une blessure au genou qui l’aurait empêché de descendre dans le lobby. Dans la chambre, il lui aurait alors demandé d’appliquer de la crème sur sa blessure.
« J’ai voulu l’aider, je me suis baissée vers lui, et en un quart de seconde, je me suis retrouvée au sol, sur la moquette, j’ai senti ses mains partout sur mon corps », affirme-t-elle. Là encore, la défense de Patrick Bruel avance que le chanteur assure ne pas avoir exercé de contrainte sur le témoin.
Dans l’article de Elle, deux autres femmes – toutes deux employées du label qui s’occupait de Patrick Bruel au début du XXIe siècle – relatent des agressions sexuelles dans la loge ou la chambre du chanteur. Avec à chaque fois un modus operandi similaire et la certitude que leur environnement professionnel « savait » à quoi s’attendre avec le chanteur.
Avant ces nouvelles révélations, Mediapart avait dévoilé le témoignage de huit femmes dans un article paru fin mars. Parmi ces différentes plaignantes mettant en cause le comportement de l’artiste sur une période allant de 1992 à 2019, deux ont déjà porté leur cas devant la justice. L’une d’elles a porté plainte pour viol, l’autre pour tentative de viol.
Motivée par la lecture de ces témoignages dans Mediapart, une attachée de presse belge a décidé de faire de même, comme le révélait RTL quelques jours plus tard. Dans sa plainte, cette autre femme accuse Patrick Bruel d’agression sexuelle. Les faits se seraient produits en 2010, dans les locaux des médias publics belges. Après une première plainte, finalement retirée, Karine Viseur a choisi de déposer une nouvelle plainte le 24 mars, bien que les faits soient probablement prescrits.
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