- Les projections du ministère de l’Éducation prévoient une baisse de 14,2% du nombre d’élèves en dix ans.
- Tout le système éducatif va devoir être repensé selon le ministre Édouard Geffray.
- Les syndicats s’inquiètent que ce constat serve « d’alibi » pour un plan de suppressions de postes.
Les projections ne sont pas bonnes. Écoles, collèges et lycées publics ou privés sous contrat auront perdu près de 1,7 million d’élèves en 2035, selon des projections du ministère de l’Éducation (nouvelle fenêtre), dévoilées mardi 7 avril. D’après un document du service statistique du ministère de la rue de Grenelle, qui fonde ses travaux sur des hypothèses de fécondité notamment, cela représente en dix ans une baisse de 14,2% des effectifs.
C’est une « vague sismique »
, a reconnu Édouard Geffray dans les colonnes du Parisien
(nouvelle fenêtre). « Ces projections suivent une baisse déjà entamée qui va devenir massive, puisqu’on va perdre près de 1,7 million d’élèves, dont 933.000 élèves dans le seul premier degré. (…) Tout le système éducatif va être impacté ».
Ce qui impose de repenser « l’offre scolaire sur le territoire à long terme »
, a-t-il expliqué.
Le maillage des écoles, collèges et lycées du territoire va devoir être revu : si « l’année prochaine encore, on ne fermera aucune école sans l’accord du maire », « compte tenu de ces chiffres, ce principe a vocation à se conjuguer différemment »
, a prévenu le ministre de l’Éducation. Si « dans les territoires ruraux, il peut y avoir des regroupements pédagogiques intercommunaux »
, en revanche « en milieu urbain, il va falloir s’interroger sur le maillage »
, a-t-il expliqué, en particulier à Paris, au « maillage d’écoles, de collèges et de lycées extrêmement dense »
et « qui va perdre 30% de ses élèves en dix ans, cela impose de s’adapter ».
Des suppressions de postes inéluctables ?
Ce constat n’a pas tardé à faire bondir les syndicats. À l’instar de Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, interrogée par l’AFP. Elle rappelle que ces projections « ne doivent pas servir d’alibi »
à « une loi de programmation pluriannuelle de suppressions de postes »
alors que le secteur souffre « d’inégalités sociales »,
d’un métier qui s’est « complexifié »
et d’un « besoin de plus d’adultes auprès de la jeunesse ».
Aurélie Gagnier, secrétaire générale du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, estime que ne pas supprimer de postes permettrait de « faire baisser le nombre d’élèves par classe »
. En cas de « fermeture inévitable »
, un redéploiement vers l’enseignement spécialisé (RASED) serait souhaitable. Pour la rentrée 2026, 4.000 suppressions de postes d’enseignants dans le privé et le public sont attendues. Ne pas supprimer de postes reviendrait à « repousser les ennuis pour mes successeurs »
, a affirmé au Parisien
Édouard Geffray, qui a donné rendez-vous aux syndicats le 21 avril pour une première réunion.
La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) fonde ses projections sur une démographie « marquée par une baisse des naissances, amorcée depuis 2010 »
et la baisse des effectifs entamée « en 2016 dans le premier degré »
et « en 2024 »
dans le second. Ainsi, le nombre d’élèves du premier degré passerait de 6.149.400 en 2025 à 5.216.400 élèves en 2035, et ceux du second degré de 5.619.700 à 4.875.900 élèves. De fortes disparités départementales sont anticipées.











