Érigé en porte-parole du mouvement de contestation de la jeunesse népalaise, Balendra Shah, ce rappeur de 35 ans devenu Premier ministre et son parti (le Parti national indépendant) qui a raflé la majorité aux dernières élections recommandait, jeudi 26 mars, dans une commission d’enquête parlementaire des poursuites contre son prédécesseur et l’ancien ministre de l’Intérieur.
Répression
Sous leur gouvernement, la police a violement réprimé les manifestations contre le pouvoir du 8 et 9 septembre 2025. La foule en colère avait détruit, incendié ou pillé les maisons de plusieurs politiciens, et de nombreux bâtiments publics dont le Parlement. La police avait ouvert le feu. Bilan : 77 morts et 2 400 blessés.
Pour la population népalaise le traumatisme est immense. La soif de justice aussi. « Personne n’est au-dessus de la loi », réagit le nouveau ministre de l’intérieur sur Instagram. « Ce n’est pas une vengeance contre qui que ce soit, juste le début de la justice », dit-il encore. De son côté, l’ancien Premier ministre communiste, 74 ans, continue de nier toute implication dans le carnage. Pour l’hebdomadaire Nepali Times, « Le danger maintenant est que les nouveaux dirigeants recourent aux mêmes méthodes de représailles que leurs prédécesseurs. »
Manifestations
Peu après son arrestation, KP Sharma Oli, tout de blanc vêtu, a été conduit sous forte escorte policière dans un hôpital, où il se trouvait toujours, ce samedi 28 mars en fin de journée ont constaté des journalistes de l’AFP. « Il y a été admis sur recommandation d’un médecin », a expliqué le porte-parole de la police, ajoutant que le septuagénaire « souffre de problèmes cardiaques et rénaux ».
Les partisans de M. Oli ont manifesté en plusieurs points de la capitale pour exiger sa remise en liberté immédiate, en dressant des barrages de pneus enflammés. Dans le quartier de Baneshwor, la police a dispersé un rassemblement avec des gaz lacrymogènes. « La situation est sous contrôle », a déclaré dans l’après-midi un porte-parole des forces de l’ordre, Abi Narayan Kafle.
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