Avec notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier
Plus 2 500 sacs de marchandises prêts à l’export ont été saisis, près de la capitale du Sénégal. À l’intérieur, des poissons juvéniles, tous destinés à être consommés au Burkina Faso, au Togo ou encore au Ghana. En tout, une trentaine de personnes ont été arrêtées : des pêcheurs artisanaux à l’origine de la prise et des femmes transformatrices impliquées dans la séchage des poissons. Cette fois, l’opération s’est déroulée à terre après plusieurs revers en mer. Le lieutenant-colonel Bafodé Cissé, conservateur de l’aire marine protégée de Gorée, a mené l’intervention en partenariat avec le service régional des pêches de Dakar.
« Nous, nous avons des armes. Alors souvent, quand on intervient en mer, ça peut provoquer une bataille rangée et les pêcheurs ne sont pas collaboratifs. Donc pour éviter qu’il y ait des dégâts, la meilleure manière c’était de les surprendre sur le terrain, à quai, et faire la saisie de ces produits-là ».
« Il faut aller plus loin »
La société civile engagée dans la lutte contre la pêche illicite y voit une opération coup de poing. Mais le chantier est plus large. Bassirou Diara responsable à l’Environmental justice foundation (EJF) au bureau de Dakar. « C’est clair que ça fait de la dissuasion dans un temps, mais il faut continuer à faire ça de manière régulière et essayer de couper les circuits de commercialisation, les marchés, parce que c’est le marché qui commande ».
Au Sénégal, la pêche des juvéniles sert aussi à alimenter massivement les usines de farine de poisson. La société civile reproche aux autorités d’avoir délivré ces dernières années plusieurs agréments pour l’installation de ces unités jugées responsables de l’épuisement des ressources.
À écouter aussiSénégal: exercice mouvementé de lutte contre la pêche illicite au large de Saly











