Une intersyndicale de l’Éducation nationale appelle à amplifier la mobilisation contre les suppressions de postes d’enseignants et organise une semaine d’actions du 30 mars au 3 avril, avec une journée nationale de grève prévue le 31 mars.
La FSU, l’Unsa, la CFDT, la CGT et SUD « dénoncent les choix budgétaires du gouvernement: suppressions d’emplois et blocage de toute revalorisation salariale », dans un communiqué commun diffusé ce vendredi 20 mars. Selon elles, « ces choix ne peuvent que dégrader encore davantage un service public d’Éducation déjà exsangue ».
Les organisations pointent notamment les effets déjà visibles dans le second degré (collèges et lycées): classes plus chargées, réduction de l’offre de formation et vies scolaires « asphyxiées » faute de moyens.
Des « milliers » de fermetures de classes anticipées
Dans le premier degré (écoles maternelles et élémentaires), les syndicats anticipent, avec les cartes scolaires qui s’ouvrent la semaine prochaine après les élections municipales, « des milliers » de fermetures de classes.
Les organisations dénoncent « un budget 2026 synonyme de dégradation des conditions de travail, de poursuite du déclassement salarial ».
Elles appellent le gouvernement à revoir ses choix « court-termistes » et « exige(nt) un budget 2027 avec des mesures de créations d’emplois et de revalorisation salariale sans contreparties ».
Au total, 4.000 suppressions de postes d’enseignants, public et privé confondus, sont attendus pour la rentrée 2026, dont 1.891 dans le premier degré public et 1.365 dans le second degré.
Le ministre évoque une « chute démographique vertigineuse »
En janvier, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, avait évoqué une « chute démographique vertigineuse » pour justifier ces suppressions. Selon la Direction des études statistiques du ministère de l’Éducation nationale, les effectifs des élèves ont diminué de 1,7% à la rentrée 2025, avec 106.900 élèves de moins qu’en 2024.
« La baisse démographique doit être une opportunité pour faire baisser de manière significative le nombre d’élèves par classe », estiment au contraire les organisations syndicales.
Plusieurs mobilisations ont déjà eu lieu à travers la France depuis la mi-février. Le 17 février, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Paris et quelque 6,16% d’enseignants d’Île-de-France étaient en grève, tandis qu’à Bordeaux une centaine de professeurs, rejoints par des parents d’élèves, se sont mobilisés devant le rectorat de Bordeaux le 11 mars.
Article original publié sur BFMTV.com











