Réélu dimanche d’une courte tête, Philippe Janicot retrouvera ce samedi 21 mars son fauteuil de maire à Boisseuil, près de Limoges, mais ne pourra pas rester dans la commune: mis en examen pour viols, son contrôle judiciaire l’autorise seulement à revenir pour les conseils municipaux.
Après avoir été temporairement placé en détention provisoire, il a été libéré le 30 décembre. Il a, désormais, l’interdiction de revenir en Haute-Vienne, sauf pour ces réunions et pour les conseils communautaires à Limoges, où il est aussi vice-président de la métropole.
Depuis, Philippe Janicot, qui conteste les faits, est hébergé à Bordeaux, chez son fils, mais a pu faire campagne et l’a emporté de 55 voix dimanche dernier dans ce village de 3.000 habitants, où il avait été élu une première fois en 2020.
Des habitants en désaccord
Certains habitants se disent choqués. « C’est honteux. Il y a un gros malaise à Boisseuil avec cette affaire », ont déclaré à un correspondant de l’AFP Jean-Luc et Sylvie, ex-mécanicien et ancienne assistante maternelle.
« Les gens qui ont voté pour sa réélection, ont-ils une seconde pensé aux victimes? », abonde Philippe, retraité de l’agroalimentaire.
« La population a voté, il faut respecter ça », tranche Bastien, nouveau venu dans la commune.
« C’est de l’ordre de la sphère privée. Tant que la justice n’a pas fait son travail, je ne peux pas juger », abonde Catherine, habitante depuis plus de 30 ans à Boisseuil.
« La campagne a été rude, il y a eu beaucoup de dénigrement », déclare Me Emmanuel Raynal, l’avocat de Philippe Janicot. « Il était content qu’on distingue les accusations au niveau judiciaire de son bilan qui, tout le monde le reconnaît, est plutôt positif ».
Le maire nie les faits
« Je me battrai pour prouver mon innocence », a déclaré par SMS Philippe Janicot, regrettant qu’on « mette systématiquement en avant la mise en examen pour viols et pas la présomption d’innocence ».
À huit heures, samedi matin, il sera installé officiellement à la tête de son conseil municipal sous la surveillance des gendarmes. « Contrairement à ce qui a été dit, il ne l’encadreront pas », souligne Me Raynal.
« C’est nous, à la mairie, qui les avons appelés pour que le conseil municipal se passe tranquillement », confirme la directrice générale des services de la commune.
Philippe Janicot est présumé innocent.
Article original publié sur BFMTV.com











