- L’opération inédite baptisée « Octopus » a mené à une vague d’arrestations en lien avec la DZ Mafia.
- Ce samedi, le procureur a annoncé la mise en examen de 26 personnes, dont quinze sont en détention provisoire.
- Parmi elles, trois chefs de l’organisation marseillais, déjà détenus dans des prisons de haute sécurité.
Suivez la couverture complète
Le 13H
La vidéo que l’on retrouve ci-dessous remonte à 2024. Le temps où la DZ Mafia organisait des « conférences de presse » et défiait frontalement l’autorité. Le nom de cette organisation mafieuse avait émergé l’année précédente, au cours d’une guerre pour le contrôle du trafic de drogue à Marseille contre le clan Yoda, au cours de laquelle les règlements de compte s’étaient succédé à une cadence effrénée. Cette semaine, l’organisation criminelle marseillaise a vacillé.
Au terme d’un an et demi d’enquête et d’une vaste opération policière, nommée « Octopus », 26 personnes en lien avec la DZ Mafia ont été mises en examen, dont 20 sont originaires de la région marseillaise, et 15 ont été placées en détention provisoire. Un coup de filet qui a mobilisé quelque 900 gendarmes. Ce samedi 14 mars, le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a donné quelques détails sur les profils des délinquants présumés arrêtés.
28 ans d’âge moyen, et plusieurs femmes
« La moyenne d’âge est de 28 ans. Ce ne sont pas nos jeunes adolescents ou nos jeunes adultes qui sont utilisés par le réseau. Ce sont des personnes qui ont un âge plus avancé, ce qui démontre qu’on arrive au cœur de la structure de la DZ Mafia »
, a souligné le procureur. Neuf femmes figurent parmi les 26 mis en examen, ce qui atteste d’une « véritable féminisation du narcobanditisme »
, a estimé le magistrat.
Parmi les mis en examen, 3 chefs présumés de l’organisation étaient déjà détenus dans des prisons de haute sécurité. Avec la nouvelle loi sur le narcotrafic, ils sont poursuivis par la nouvelle qualification de « participation à une organisation criminelle ». Surnommés « La Brute », « Gaby »
et « Mamine »
, ils sont soupçonnés d’avoir continué à diriger l’organisation depuis leur cellule, avec la complicité d’un avocat lyonnais, mis en examen lui aussi et écroué à l’isolement.
L’enquête a par ailleurs permis de découvrir l’ampleur des activités de l’organisation. Trafic de drogue, attaques de clans concurrents, racket et blanchiment d’argent de la drogue. « Les cadres dirigeants de cette organisation criminelle dégagent, par personne, chaque mois, un bénéfice net de 300.000 euros »
, a énoncé Nicolas Bessone. « Ces sommes considérables ne sont pas ‘flambées’, mais sont totalement réinvesties ou blanchies, dans le cadre de cette organisation criminelle »
, a-t-il pointé.
Des voitures de luxe, 12 biens immobiliers, et des comptes bancaires ont été saisis. Deux rappeurs marseillais sont également mis en cause au terme de l’enquête : Dika mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, et KITKVT, placé en détention provisoire. L’opération devrait se poursuivre avec des interpellations à l’étranger.











