- Le risque de fissures causées par des mouvements de terrain concerne plus d’une maison sur deux en France.
- De plus en plus de propriétaires ont recours à l’injection de résine dans les sols, qui garantit dix ans de tranquillité.
- Regardez ce reportage du JT de TF1.
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Le 13H
C’est un risque qui concerne plus d’une maison sur deux en France : les fissures causées par des mouvements de terrain. Aujourd’hui, 12 millions d’habitations sont confrontées à ce risque, qui survient lorsque les couches de terre se gonflent après de fortes pluies, puis se rétractent en période de sécheresse. « On s’est aperçu que notre mur était tout fissuré en partant du haut. Ça a descendu et ça nous a fissuré toute la façade, »
raconte Stéphane Paulus, dont la maison située à Pérenchies, dans le Nord, a été touchée par ce type de dégât, dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article.
Si plusieurs solutions existent pour réparer les fissures sur les façades, les propriétaires se tournent aujourd’hui de plus en plus vers l’injection de résine dans les sols, qui permet de solidifier les fondations de la maison pour une dizaine d’années. Injectée à trois mètres sous terre, la résine devient aussi résistante que du béton lorsqu’elle sèche. « Elle est incassable
« , assure face à notre caméra l’un des ouvriers qui intervient chez Stéphane Paulus et sa compagne ce jour-là.
Cette méthode a également l’avantage d’engendrer peu de travaux, ou du moins un chantier plus rapide. « Avant l’arrivée de la résine pour les confortements de sols, on travaillait avec des micropieux. C’est un chantier qui peut s’étaler sur un mois, facilement, »
explique Marc Romao, responsable exploitation chez Accessol, une entreprise spécialisée dans les travaux post-sinistre. « Aujourd’hui a contrario, avec la résine et la rapidité d’exécution, ce sont des durées qui reviennent à quelques jours d’intervention. »
Un soulagement pour les habitants, car en plus de travaux courts, ils peuvent parfois bénéficier d’aide pour financer ces réparations. Là où un tel chantier coûte normalement des dizaines de milliers d’euros, Stéphane Paulus a déboursé 1.500 euros, le reste étant pris en charge par son assurance, puisque la commune est reconnue en état de catastrophe naturelle.
« On dort tranquilles »
Dans le Nord, touché par d’importantes inondations au cours des dernières années, certains habitants ont déjà testé et approuvé cette méthode d’injection de résine. Jean-Claude Vanhove, résident de la commune de Linselles chez qui se rend également notre équipe, se rappelle avoir un jour vu une large fissure « juste au-dessus du canapé »
et des morceaux de plâtre tombés.
Le problème s’est envolé avec l’injection de résine dans les sols il y a trois ans. « Tout ce mur a été refait, »
montre le propriétaire devant la façade de sa maison. « Plus rien ne bouge, et on dort tranquilles. »
Si l’injection de résine intervient lorsque des réparations sont nécessaires, il existe aujourd’hui des méthodes de prévention pour éviter les fissures. Installer un écran d’acier sous terre permet notamment de bloquer les racines d’arbres et d’empêcher les mouvements de terrain.
De son côté, le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) expliquait en 2024 travailler depuis plusieurs années sur un principe de « réhydratation des sols argileux pendant la sécheresse »
qui doit permettre de réguler l’humidité des sols, « et ainsi limiter l’impact de la fissuration de dessiccation et la détérioration des propriétés hydromécaniques du sol sur les bâtiments. »
L’équipe du Cerema explique sur son site avoir testé ce dispositif sur une maison sinistrée par la sécheresse dans le Loir-et-Cher. Entre 2016 et 2020, l’expérimentation a engendré des « résultats satisfaisants »
selon le centre, « tant en termes de stabilisation d’ouverture des fissures existantes que d’absence d’apparition de nouvelles fissures sur les façades confortées ».











