Samedi 28 février, dans son discours peu après les bombardements américains et israéliens sur le sol iranien, Donald Trump exprimait la volonté de « réduire à néant » les missiles iraniens, mais aussi d’« anéantir » la marine de la République islamique. De quoi faire planer une lourde menace au-dessus du détroit d’Ormuz, l’une des plaques tournantes du commerce mondial du pétrole.
Samedi soir, la force navale de l’Union européenne a annoncé que les gardiens de la révolution iraniens prévenaient les navires par message radio que le passage par le détroit d’Ormuz « n’était pas autorisé ». L’agence iranienne Tasnim avait annoncé plus tôt que les gardiens avaient averti plusieurs bateaux qu’en raison du climat d’insécurité dans le secteur, il était « dangereux » de traverser ce détroit, « de facto fermé ».
Large d’à peine une cinquantaine de kilomètres, bordant les côtes de l’Iran et celles du sultanat d’Oman, ce passage maritime relie les pays pétroliers du golfe Persique avec le reste du monde. Selon l’agence de presse Reuters, plusieurs compagnies pétrolières avaient déjà suspendu, samedi 28 février, leurs expéditions de pétrole brut et de carburant par ce passage à titre provisoire.
« Les tensions en Iran menacent la sécurité énergétique mondiale », écrivait Bridget Payne, pour le cabinet de conseil Oxford Economics, dans une note publiée dès le vendredi 27 février. Et pour cause, environ un cinquième du pétrole (brut et autres produits) vendu chaque jour dans le monde transite par ce passage à la fois étroit et peu profond. Soit une circulation quotidienne, dans ces eaux, d’environ 20 millions de barils au premier trimestre de 2025, selon les chiffres de l’Agence américaine d’information sur l’énergie.
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