C’était l’un des hommes les plus recherchés de la planète. Un nom inscrit depuis des années sur les listes noires de Washington, celles des agences antidrogue du monde entier et traqué par l’armée mexicaine. Ce dimanche 22 février, Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), a été tué lors d’une opération militaire dans l’ouest du Mexique. Il avait 59 ans.
La traque a eu lieu à Tapalpa, dans l’État de Jalisco. Blessé pendant l’intervention des forces fédérales, il est mort « pendant son transfert par voie aérienne vers la ville de Mexico », a annoncé l’armée dans un communiqué. Avec lui, sept membres présumés du cartel ont été abattus. Deux autres ont été arrêtés. Trois soldats ont été blessés. Les militaires affirment avoir saisi un arsenal de guerre, dont des lance-roquettes capables d’abattre des avions.
Après la capture de Maduro, Trump affiche son appétit démesuré pour le pétrole vénézuélien
Pour mettre la main sur celui que beaucoup considéraient comme le dernier grand parrain encore en liberté, les services de renseignement militaires ont travaillé avec les autorités américaines, qui ont fourni « des informations complémentaires ». Les États-Unis offraient jusqu’à 15 millions de dollars pour toute information permettant sa capture.
À Washington d’ailleurs, l’annonce a été saluée sans détour. « J’ai appris que les forces de sécurité mexicaines ont abattu “El Mencho”, l’un des narcotrafiquants les plus sanguinaires », a déclaré Christopher Landau, sous-secrétaire d’État américain. Il a évoqué « une grande victoire pour le Mexique, les États-Unis, l’Amérique latine et le monde entier ».
Barrages en flammes
La nouvelle de sa mort n’a pas tardé à embraser plusieurs États. Dans le Jalisco, puis au Michoacán, au Guanajuato, à Puebla et au Sinaloa, des hommes armés ont dressé des barrages avec des véhicules incendiés, bloqué des axes routiers et attaqué des commerces. Une démonstration de force classique lorsque les autorités frappent au sommet d’un cartel.
Face aux tensions, la présidente Claudia Sheinbaum a appelé au calme. « Nous devons rester informés et calmes », a-t-elle écrit sur le réseau X. Dans certaines zones, les autorités locales ont recommandé aux habitants de rester chez eux.
Les Etats-Unis ont appelé leurs concitoyens présents dans plusieurs zones du Mexique, dont des destinations touristiques, à « se mettre à l’abri jusqu’à nouvel ordre ».
Les compagnies américaines United, Southwest et Alaska, ainsi que les canadiennes Air Canada et WestJet ont annoncé dans des déclarations distinctes l’annulation des liaisons vers Puerto Vallarta, Guadalajara ou encore Manzanillo. Certains avions ont même dû faire demi-tour alors qu’ils volaient déjà vers le Mexique, ont précisé plusieurs compagnies.
« Pepito », mineur et tueur à gages : À Paris, ouverture d’un procès emblématique d’un tournant du narcotrafic
Robert F. Kennedy Jr. raconte qu’il sniffait de la cocaïne sur des toilettes pour prouver qu’il n’a pas peur des microbes











