Les tentatives des organisateurs pour éviter au maximum les symboles racistes ou nazis à la marche pour Quentin Deranque n’auront pas suffi. La préfecture du Rhône a annoncé, ce samedi 21 février, qu’elle comptait saisir la justice au sujet de saluts nazis ainsi que d’insultes racistes et homophobes détectés à Lyon pendant l’hommage au militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, plus tôt dans la journée.
Ces gestes et déclarations ont été repérés sur des vidéos de la marche, mises en ligne sur les réseaux sociaux, a précisé un porte-parole de la préfecture. « Deux personnes au moins » ont été vues faire des saluts nazis, a-t-il précisé. Plusieurs autres personnes ont également été aperçues avec des tatouages aux idéologies nazis, comme une croix gammée sur le visage d’un manifestant.
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Des phrases comme « Sale Bougnoule ! Sale race ! » ont été entendues. Le service d’ordre tentait, visiblement difficilement, de limiter ces sorties racistes. « Les gars il y a les caméras », rappelaient-ils aux personnes à l’origine de ces propos. Il en a été de même lorsque des saluts nazis ont été observés. Ce service d’ordre a tenté, du début à la fin de cette marche, de tenir les journalistes avec leurs caméras éloignés du cortège.
« Conformément aux instructions du ministre de l’Intérieur », la préfète Fabienne Buccio signalera « au procureur de la République tous les gestes et propos répréhensibles » détectés, a-t-il ajouté. Laurent Nunez a salué le travail des autorités : « Je remercie la préfète du Rhône et l’ensemble des forces de sécurité engagées sous son autorité pour la gestion du rassemblement qui s’est tenu à Lyon. »
« Si jamais il y en a eu, je les condamne fermement »
« Comment le ministre de l’Intérieur et la préfecture ont pu autoriser une manifestation dans laquelle on fait des saluts nazis et on scande des slogans homophobes ? », s’est interrogé sur X le coordinateur de LFI, Manuel Bompard. « Où le premier rang comprend tout le gratin de l’extrême droite antisémite et xénophobe ? Réveillez-vous ! », a-t-il ajouté en relayant une vidéo montrant un participant de la marche en faire un à trois reprises. Au premier rang du cortège, les militantes du collectif identitaire Nemesis notamment, dont Quentin Deranque faisait officieusement la sécurité le jour de sa mort.
« Si jamais il y en a eu (ndlr : des saluts nazis), je les condamne fermement », a souligné auprès de l’AFP Aliette Espieux, ancienne porte-parole d’une association anti-avortement, figure de l’extrême droite radicale et organisatrice de la marche.
Environ 3 200 personnes ont marché dans l’après-midi jusqu’au lieu où le jeune homme de 23 ans a été roué de coups, le 12 février, par des militants d’ultragauche, avant de succomber. Le cortège, qui comptait de nombreux militants d’ultradroite dans ses rangs, a défilé dans le calme sous la surveillance d’un important dispositif policier.
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