Avec notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul
Sous l’impulsion des ministres de la droite dure Bezalel Smotrich et Israël Katz, Israël va désormais étendre son pouvoir d’inspection et d’urbanisme jusque dans les zones A et B de Cisjordanie, théoriquement sous contrôle palestinien. Officiellement, ces mesures visent à protéger l’environnement et les sites archéologiques. Mais sur le terrain, elles constituent une intrusion civile israélienne sans précédent.
À Hébron, le basculement est total. La municipalité palestinienne perd ses pouvoirs en matière de construction sur les zones de colonisation ainsi que sur le site du Tombeau des Patriarches, au profit de l’administration militaire israélienne. Plus radical encore : le cabinet a levé le secret sur le cadastre et aboli une ancienne loi jordanienne, ouvrant ainsi la voie à l’achat direct de terres par des citoyens juifs.
Alors que Bezalel Smotrich assume vouloir « tuer l’idée d’un État palestinien », l’appareil sécuritaire israélien s’inquiète d’une possible explosion de violence à l’approche du ramadan. Reste à savoir si Benyamin Netanyahu place Donald Trump devant le fait accompli, ou si ces mesures – décrites comme une nouvelle phase de l’annexion rampante – ont déjà reçu un feu vert discret de la Maison Blanche.
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