Le constructeur automobile Stellantis, en perte de vitesse, va passer des charges exceptionnelles colossales d’environ 22 milliards d’euros dans ses résultats 2025, pour « refléter l’impact d’une surestimation significative du rythme de l’électrification » du secteur.
« C’est le coût d’un “reset” profond mais nécessaire de notre entreprise pour remettre les clients au centre de tout ce que nous faisons et pour soutenir une croissance rentable », a justifié Stellantis, qui avait dégagé un bénéfice net de 5,5 milliards d’euros en 2024, déjà en baisse de 70 %.
Ces charges massives, qui feront mécaniquement passer le groupe dans le rouge, équivalent presque au cumul des bénéfices nets 2023 (18,6 milliards) et 2024.
Stellantis a subi plusieurs revers ces dernières années, notamment une baisse de ses ventes en volume et des problèmes techniques liés à ses moteurs à essence Puretech et aux airbags Takata. Son chiffre d’affaires 2024 avait baissé de 17 % à 156,9 milliards d’euros. Les résultats 2025 doivent être annoncés le 26 février.
Changement de stratégie
Le cinquième constructeur mondial, qui l’an dernier a remplacé son PDG Carlos Tavares par Antonio Filosa, martèle depuis quelques semaines sa volonté de changer de stratégie, en baissant ses prix afin de regagner des ventes en volume.
« Ces charges reflètent principalement l’impact d’une surestimation significative du rythme de l’électrification, qui nous a éloignés des besoins, des moyens et des préférences réels de nombreux clients », précise le groupe dans son communiqué.
« Antonio Filosa et son équipe » ont exploré tous les recoins de l’entreprise et apportent les changements nécessaires « pour une croissance rentable » assure le groupe, pour qui « ces actions, initiées en 2025, donnent déjà des premiers résultats encourageants. »










