L’affaire des laits infantiles, déjà à l’origine de deux enquêtes ouvertes en France après la mort de deux nourrissons, connaît jeudi un nouvel épisode judiciaire avec la plainte déposée à Paris par l’association Foodwatch et huit familles qui accusent les industriels et le gouvernement de ne pas avoir agi à temps.
A un mois, Adam, nourri au lait Guigoz, s’est retrouvé plusieurs semaines en réanimation, après des crises de diarrhées et vomissements. Amani, cinq mois, a été pris de vomissements et maux de ventre pendant quatre jours, jusqu’à ce qu’il arrête de boire son Babybio. Fièvres répétées et problèmes de digestion ont alerté le personnel de crèche et les parents d’un bébé de quatre mois nourri au Picot 1er âge…
« Certains parents ont vraiment cru que leur enfant allait mourir », a raconté Ingrid Kragl, directrice de l’information de Foodwatch, lors d’une conférence de presse.
Huit familles – représentant neuf bébés – se sont jointes à cette plainte de l’association, consultée par l’AFP, et font le lien entre les maux de leurs nourrissons et le lait concerné par des rappels de lots potentiellement contaminés par la toxine céréulide.
« Les faits sont particulièrement graves puisque ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois, parfois des prématurés au système immunitaire d’autant plus vulnérable », a souligné cette association européenne de consommateurs.
« Ils ont été vendus dans le monde entier par des multinationales qui ont commercialisé des produits exposant les bébés à un risque pour leur santé. C’est hors la loi », poursuit-elle.
– Soixantaine de pays –
Plusieurs industriels, dont les géants Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia) et Lactalis (Picot), mais aussi de plus petits acteurs comme Vitagermine (Babybio Optima) et la Marque en Moins ont procédé depuis décembre à des rappels de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays, dont la France.
A Angers et Bordeaux, la justice enquête déjà sur les décès de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de « possible contamination » par une substance d’origine bactérienne, sans « lien de causalité » établi pour l’heure, selon les autorités.
A Paris, où le tribunal est doté d’un pôle « santé publique », la plainte contre X vise une série de délits, dont la mise en danger et l’atteinte à l’intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité.











