mardi, avril 14

Les députés du groupe Ensemble pour la République (EPR) ne décolèrent pas. Réunis ce mardi 14 avril à l’Assemblée nationale, ils sont selon nos informations revenus sur l’échec de leur proposition de loi concernant le 1er-Mai, reprochant au gouvernement de manquer de courage.

Pour rappel, lundi soir, face à la fronde des syndicats et à l’opposition de la gauche, l’exécutif a reporté sine die ce texte visant à faciliter le travail en ce jour férié. Cette proposition de loi était largement promue par Gabriel Attal, le chef du parti macroniste Renaissance auquel Sébastien Lecornu appartient également.

Ce mardi, le Premier ministre n’était pas présent à la réunion du groupe EPR et le gouvernement était représenté par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Ce dernier a fait les frais de la colère des députés, qui n’ont pas mâché leurs mots.

« Vous nous pissez dessus » a lâché sans détour Karl Olive, élu des Yvelines, tandis que son homologue du Maine-et-Loire, Nicole Dubré-Chirat déclarait: « Je commence à me demander ce que je fais là ».

« Ce gouvernement n’a pas de courage et un gouvernement qui n’a pas de courage ne mérite pas d’exister », a enchéri Jean-Marie Fiévet, député des Deux-Sèvres.

Face à leur grogne, Jean-Pierre Farandou a reconnu que « personne n’ignorait la procédure législative », laissant entendre que le gouvernement ne peut pas prétendre avoir été pris de court au sujet du 1er-Mai.

Un passage en force décrié

Cette proposition de loi aurait permis le travail de salariés ce jour férié dans des commerces de bouche de proximité comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes, mais aussi dans des établissements culturels (cinémas, théâtres).

Grâce à l’adoption d’une motion de rejet vendredi, le texte pouvait être adopté sans que les députés ne l’aient examiné en première lecture, après une commission mixte paritaire (CMP) finalement écartée par le Premier ministre. Ce passage en force avait valu à l’exécutif des menaces de censure de la gauche, y compris du Parti socialiste.

Lundi soir, sur X, Gabriel Attal a « déploré » la décision du gouvernement et lui a demandé de « donner instruction aux administrations et aux inspections concernées de ne pas sanctionner les artisans qui feront le choix d’ouvrir le 1er mai prochain ».

Selon nos informations, Sébastien Lecornu et le chef du parti Renaissance se sont téléphonés lundi après-midi mais Gabriel Attal était absent le soir même, lors de la réunion hebdomadaire des chefs de groupes à l’Assemblée nationale du socle commun.

Le choix de l’exécutif a également été fustigé par la présidente Renaissance de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, par le président LR et candidat à la présidentielle Bruno Retailleau, mais aussi par le chef du Rassemblement national, Jordan Bardella, qui a estimé qu’Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, était devenu « le véritable Premier ministre ».

Sous le feu des critiques, Sébastien Lecornu a promis des propositions « de court et moyen terme » pour les commerçants de proximité qui souhaitent employer du personnel le 1er-Mai, assurant que les professions concernées seraient reçues « à Matignon dès cette semaine ».

Ce mardi, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, il a par ailleurs été interpellé à ce sujet par le président du groupe Horizons, Laurent Marcangeli. Le Premier ministre a rappelé que le sujet d’origine était la sécurisation d' »une convention collective qui protège l’activité spécifique des boulangeries ».

Or, la proposition de loi en question « traite d’une liste de commerces beaucoup plus longue que celle des conventions collectives du passé », incluant « l’ensemble des chaînes de boulangerie industrielles. Je n’ai jamais dit que j’étais favorable à l’ouverture du travail le 1er-Mai pour les filières industrielles ».

Sébastien Lecornu a donc ouvert deux voies: « Soit nous souhaitons une ouverture large et il faudra un dialogue branche par branche qui permettra de faire émerger de nouvelles conventions », soit « on revient à l’esprit initial, aux seuls commerces de proximité, et dans ce cas le mandat a été donné au ministre pour accélérer une discussion sociale ad hoc ».

Article original publié sur BFMTV.com

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