La marque d’eau minérale Volvic a été jugée coupable de « pratiques commerciales trompeuses » par le tribunal judiciaire de Paris pour avoir mentionné sur ses bouteilles d’eau qu’elles étaient « neutres en carbone » ou « 100% recyclables », selon une décision consultée par l’AFP.
Contacté par l’AFP, le géant de l’agroalimentaire Danone indique que Volvic, dont il est propriétaire, « conteste tant le raisonnement (…) que la conclusion à laquelle est parvenu le tribunal au sujet de certaines des pratiques (…) mises en œuvre par le passé et qui respectaient tout à la fois les textes et les usages applicables à cette période ».
« Volvic va donc faire appel de cette décision », ajoute le groupe.
Après un recours de l’association de consommateurs CLCV(consommation, logement, cadre de vie), le tribunal a estimé que « la mention sur les emballages et bouteilles d’eau Volvic des allégations +neutre en carbone+ ou +certifiée neutre en carbone+, +100% recyclé+, +100% recyclée+, +100% recyclable+ et +toujours recyclable+, (était) constitutive d’une pratique commerciale trompeuse ».
L’entreprise devra verser 75.000 euros de dommages et intérêts à CLCV, et publier le jugement sur la page d’accueil de son site internet pendant 6 mois.
Dans un communiqué publié lundi, CLCV se félicite d’un « jugement historique » qui « statue pour la première fois sur les termes +neutre en carbone+ et +100% recyclable+ au sujet d’un bien de grande consommation ». Selon l’association, la décision « fixe un standard qui protège utilement le consommateur ».
Le tribunal constate, par exemple, que « la compensation des émissions produites en fabriquant une bouteille d’eau Volvic n’est pas intégralement compensée par des absorptions ». Il a donc considéré que « les allégations +neutre en carbone+ ou +certifiée neutre en carbone+ sont susceptibles d’induire en erreur un consommateur ».
Sur ce point, Danone explique que « cette mention reposait sur une certification obtenue en 2020 auprès de l’organisme Carbon Trust, selon une méthodologie reconnue ». Mais l’arrêt par l’organisme de cette certification en septembre 2023 a conduit la société à « repenser (son) approche » et à « engage(r) un travail de revue et de renforcement de ses engagements en matière de neutralité carbone afin de garantir qu’elles restent conformes aux attentes réglementaires ».
Le groupe affirme « mettre tout en oeuvre pour réduire de 35 % en moyenne (ses) émissions mondiales de carbone d’ici 2030 par rapport à 2020, sur l’ensemble de nos périmètres d’activité ».











