Il y a les sinistrés et ceux qui en profitent. Les rangées de lits de camp se succèdent dans le Parc des expositions de Bordeaux. Le complexe, où d’ordinaire se tiennent habituellement des salons du vin et des concours hippiques, a été transformé en centre d’accueil géant pour les réfugiés des incendies Gironde. Au total, 42.000 hectares sont partis en fumée en une semaine et 220.000 habitants et vacanciers ont dû être évacués.
Dans les hangars, qui peuvent accueillir jusqu’à 10.000 personnes se mélangent bénévoles, sinistrés, journalistes, mais aussi malfrats. Dans une publication sur X, ce mercredi 29 juillet, la Police nationale annonce des interpellations.
« Un individu s’est fait passer pour un psychologue bénévole et a proposé des séances payantes à des personnes en situation de détresse », écrivent les forces de l’ordre.
L’homme a été interpellé au parc des expositions mardi 28 juillet et placé en garde à vue. Dimanche, ce sont deux hommes qui ont été interpellés, cette fois pour « vol de denrées alimentaires destinées aux sinistrés ». Eux aussi ont été placés en garde à vue.
Une brigade citoyenne
Le 26 juillet dernier, dans une zone évacuée en périphérie de Bordeaux, au Haillan, une femme, déjà connue de la justice, est contrôlée. Dans son sac, les policiers découvrent entre autres, « des bijoux, de l’outillage ». Interrogée à ce sujet, elle ne parvient pas à justifier la provenance des objets. Elle aussi est interpellée et placée en garde à vue pour « recel de vol ».
En plus des forces de l’ordre, au Porge, village martyr de 3.500 habitants ravagé par les flammes, quelques habitants ont monté une brigade citoyenne. Ils craignent l’intrusion de personnes mal intentionnées dans leurs maisons vides depuis l’évacuation. Alors dans la commune, personne n’entre sauf avec un laissez-passer délivré par la municipalité.
« Il y a des personnes qui sont dépourvues de toute morale qui essaient de profiter de la situation. Il y a peut-être un ou deux individus qui ont commencé à essayer de visiter les maisons restées en état. Mais pour l’instant, ce phénomène est maîtrisé. Les CRS et les gendarmes sont en action pour sécuriser le village », assure au Dauphiné Libéré le maire du Porge Martial Zaninetti.
« Protéger les habitations et les biens »
La police girondine a déployé un dispositif de surveillance 24 heures sur 24 pour « protéger les habitations et les biens » des habitants évacués. Pensée comme « dissuasive » la présence des forces de l’ordre dans ces villes devenues désertes en à peine quelques heures, n’a pas été veine.
Dès le 25 juillet, jour même de l’ordre d’évacuation, à Eysines les policiers contrôle un homme. Celui-ci « est découvert en possession de 44 bouteilles de grands crus », relatent les forces de l’ordre dans un communiqué.
L’homme est « soupçonné d’avoir commis un vol par effraction dans une habitation laissée vide ». Il a été placé en garde à vue.
Les habitations ne sont pas les seuls endroits que la police est chargée de protéger. À Saint-Médard-en-Jalles, se trouvent des sites industriels extrêmement sensibles de Thales, d’ArianeGroup, d’Airbus et de Dassault Aviation. Pour protéger ces sites stratégiques de la base industrielle et technologique de défense, dès le 24 juillet au soir, Sébastien Lecornu annonçait le déploiement « de dispositifs de protection autour des sites industriels classés Seveso, compte tenu de la nature des produits qui y sont entreposés ».
Article original publié sur BFMTV.com











