- La Russie est Israël ont été à la liste noire de l’ONU sur les violences sexuelles lors des conflits.
- Ce rapport annuel, consulté jeudi par l’AFP, est notamment établi en lien avec des accusations portées par des prisonniers de guerre.
- De manière générale, les cas de violences recensés sont en « nette » augmentation en 2025 par rapport à 2024.
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Les forces de sécurité israéliennes et russes sont désormais sur la liste noire de l’ONU sur les violences sexuelles lors des conflits. Les deux pays ont été ajoutés dans le rapport annuel, consulté jeudi 28 mai par l’AFP, qui répertorie des dizaines de groupes étatiques et non étatiques soupçonnés « de manière crédible »
de s’être livrés « de façon systématique »
à des violences sexuelles, du Soudan à Haïti en passant par la République démocratique du Congo, la Birmanie, la Syrie ou le Mali.
Cette liste, notamment établie en lien avec des accusations portées par des prisonniers, fait état d’une augmentation « nette »
des violences sexuelles liées aux conflits en 2025 par rapport à 2024, « marquées par une brutalité extrême et ciblant en grande majorité les femmes et les filles »
.
Des « incidents » enregistrés et un « refus d’accès persistant » par la Russie et Israël
Malgré une mise en garde du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres en août dernier, « les incidents et caractéristiques de
violences sexuelles
ont continué à être enregistrés par les Nations unies »
dans le contexte de la guerre en Ukraine et dans les territoires palestiniens occupés, indique le nouveau rapport envoyé aux membres du Conseil de sécurité. Et les inspecteurs de l’ONU se voient toujours opposer « un refus d’accès persistant »
par les autorités des deux pays, déjà inscrits sur la liste des violences contre les enfants lors des conflits.
Concernant Israël, « en 2025, les caractéristiques de violences sexuelles contre les Palestiniens détenus en Israël et dans les territoires palestiniens occupés ont continué à être enregistrées »
, indique le rapport. L’ONU a ainsi confirmé en 2025 plusieurs cas non « exhaustifs »
de violences sexuelles remontant à 2023, « y compris sous forme de torture »
, contre 14 hommes, 7 femmes, 9 garçons et une fille dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.
Le gouvernement israélien conteste les accusations
Les auteurs de ces violations, incluant viol avec objet, viol collectif, violence physique contre les parties génitales, nudité forcée et fouille au corps « sans raison de sécurité apparente »
, sont désignés par l’ONU comme des membres de l’armée, des forces de sécurité et des services pénitentiaires israéliens.
L’ambassadeur israélien à l’ONU Danny Danon a annoncé dans un message vidéo publié sur X le « gel »
des relations de son pays avec le bureau du secrétaire général – jusqu’à la fin de son mandat le 31 décembre 2026 -, tout en clamant que les représentants de l’ONU invités à enquêter en Israël « ont choisi de ne pas venir (et) de continuer avec la campagne contre Israël »
.
Le conflit entre la Russie et l’Ukraine également concerné
Concernant Moscou, le rapport souligne l’occurrence de violences sexuelles dans les territoires ukrainiens occupés et en Russie par les forces armées et les services des prisons, notamment sur des prisonniers de guerre qui ont témoigné après avoir été libérés. En utilisant les données de la mission de surveillance des droits de l’Homme en Ukraine, 310 cas de violences sexuelles liées au conflit, dont viols, mutilations génitales, chocs électriques, commis en grande majorité sur des hommes, sont mentionnés sur une période allant de l’invasion russe en 2022 jusqu’à 2025.
Sans être sur la liste, l’Ukraine n’est enfin pas exempte de critiques. Le rapport évoque ainsi 31 cas de violences sexuelles commises par des forces de sécurité ukrainiennes, notamment contre des prisonniers de guerre. Mais la plupart ont eu lieu avant 2025, et le rapport souligne que Kiev a renforcé la législation en la matière tout en laissant l’ONU enquêter.











