- Des incidents ont éclaté lundi soir dans la commune de Noisiel (Seine-et-Marne).
- Les forces de l’ordre ont été prises à partie après avoir procédé à des interpellations.
- L’une, d’entre elles, particulièrement musclée, a été filmée.
- Plusieurs enquêtes ont été ouvertes.
Une affaire rendue médiatique après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo devenue depuis virale. Sur les images, deux policiers se trouvent sur la voirie à Noisiel. L’un d’eux crie alors : « Vous voulez jouer ? On va vous enc**** ! Vous allez voir ! »
Soudain, l’un d’eux réagit à la vue d’une personne : « Eh toi ! Et toi ! Couche ! Couche-toi ! Couche-toi ! Couche-toi ! »
, somme-t-il en procédant dans le même temps à un tir de LBD.
Des renforts policiers arrivent alors. « Dégage ! Dégage ! Cours ! Cours ! »,
entend-on crier. Puis l’un des fonctionnaires et un homme en viennent aux mains. Ce dernier prend la fuite avant d’être rattrapé par le policier qui lui répète « Couche-toi enc*** ! »
. Lui et un collègue le mettent au sol. Le premier fait exploser une grenade lacrymogène près de l’individu avant de le rouer de coups et de procéder à son interpellation.
Alors que la vidéo mise en ligne il y a plusieurs heures a été vue et commentée des milliers de fois, le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, apporte ce mardi des éléments de contexte sur la succession d’événements survenus au cours de cette soirée qui a dégénéré. Voici ce qu’il faut en retenir.
Trois jeunes hommes interpellés sur la voie publique
Selon les éléments transmis par le magistrat, c’est aux alentours de 21h30, lundi 16 mars, que les événements ont débuté avec l’interpellation, sur la commune de Noisiel, de trois hommes âgés de 18 à 23 ans. Motif ? « Deux d’entre eux à raison de violations d’interdictions administratives de paraître délivrées dans le cadre de
loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
(nouvelle fenêtre)et le troisième à raison de faits de provocation à la rébellion »
, selon Jean-Baptiste Bladier.
Tirs de mortiers et tentatives d’intrusion
Toujours selon le procureur de la République, moins de deux heures après ces premiers faits, à 23h10 précisément, une trentaine de personnes se sont regroupées devant les locaux de la police municipale de Noisiel. « Des tirs de mortiers d’artifice ont été effectués en direction des agents de ladite police municipale sans occasionner de blessé. Plusieurs personnes ont tenté en vain de pénétrer violemment dans les locaux de la police municipale après en avoir dégradé le portail »
, détaille-t-il.
Des effectifs de la police nationale ont ensuite été appelés en renfort. « À leur tour, ils ont essuyé des tirs de projectiles et un véhicule administratif était fortement dégradé »
, rapporte Jean-Baptiste Bladier.
Trois mineurs et un majeur interpellés
Juste après ces incidents, quatre hommes, trois mineurs âgés de 15 ans et un majeur âgé de 35 ans, ont été interpellés en raison de leur « participation à cet attroupement armé », aux « violences envers des personnes dépositaires de l’autorité publique » et aux faits de « dégradation de biens publics », explique le représentant du ministère public.
« Au moins l’une des interpellations effectuées par des fonctionnaires de la police nationale, filmée par des témoins avant que ladite vidéo ne soit diffusée sur les réseaux sociaux, a été réalisée dans des conditions de nature à interroger sur sa légitimité, dans son principe, comme dans ses modalités. L’homme ainsi interpellé, après avoir été examiné par un médecin, se trouve actuellement en garde à vue »
, informe le magistrat.
Trois enquêtes ouvertes
Après ces faits, trois enquêtes ont été ouvertes par le procureur de la République de Meaux.
La première, relative aux « violations des interdictions de paraître et à la provocation à la rébellion ». Celle-ci a été confiée au service local de police judiciaire de Torcy. La deuxième, relative aux « violences urbaines », a été confiée conjointement au service local de police judiciaire de Torcy et au service interdépartemental de police judiciaire de Seine-et-Marne. La troisième, ouverte du chef de « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique », a été confiée à l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN).
Les investigations, dans le cadre de ces trois enquêtes, se poursuivent.











