Torture, passages à tabac, détention hors procédure, extorsion d’aveux : pour la société civile gabonaise et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), l’accès à la justice demeure difficile au Gabon et la situation dans les centres de détention inquiétante.
La présidente de l’association Réconciliation, Aïcha Claudine Tsoumbou, qui était présente à Genève pour témoigner, souligne au micro de François Mazet : « Maintenant, ce que nous reprochons, ce sont les arrestations arbitraires. Aujourd’hui, on les vit de plus en plus, donc il y a vraiment urgence à réparer les torts qui ont été commis, à appliquer ces textes. Le Gabon a signé des traités et les a ratifiés. Et puis, on est encore en train de subir des cas de tortures et même des gens qui perdent la vie. Ce n’est pas croyable ! »
Surpopulation carcérale et lieux de détention non reconnus
Devant le comité, les experts onusiens ont rappelé la surpopulation carcérale, entre 400 % et 700 % à la prison centrale de Libreville, où certains détenus attendent leur procès depuis 10 à 12 ans.
Problématique également : une « impunité généralisée », selon les experts, et des lieux de détention non-reconnus officiellement, comme la Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire, connue comme le « B2 » à Libreville. Présentant leur rapport, les autorités gabonaises ont insisté sur leur volonté d’améliorer la situation, notamment le cadre législatif : par exemple, pour accélérer le traitement des dossiers des détentions préventives ou pour réorganiser et renforcer la Commission nationale des droits de l’homme.
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