- Le ministre de l’Éducation nationale annonce ce mercredi qu’il souhaite nommer « un défenseur des droits des enfants ».
- Il pourrait être saisi « pour signaler une suspicion mal prise en charge sur le temps scolaire ou périscolaire », indique Édouard Geffray.
Bientôt un défenseur des droits des enfants au sein de l’Éducation nationale ? Dans un entretien accordé au Monde
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et publié ce mercredi 28 janvier, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray annonce qu’il souhaite « nommer, auprès de la médiatrice de l’Éducation nationale, un défenseur des droits des enfants »
. « Toute personne pourra le saisir d’une question, lui signaler une suspicion mal prise en charge, que ce soit sur le temps scolaire ou périscolaire »
, fait-il valoir. « Il faut qu’il y ait en quelque sorte un guichet unique. »
« L’école doit être un lieu de confiance absolue »
, insiste-t-il. En ce sens, Édouard Geffray veut aussi contrôler « tous les trois à cinq ans »
l’honorabilité des personnels, alors que l’affaire de l’établissement catholique Notre-Dame-de-Bétharram a mis au jour des violences sexuelles étalées sur un demi-siècle et que le secteur périscolaire a été éclaboussé par des enquêtes et signalements pour violences sexuelles à Paris notamment.
Un « protocole d’action » publié la semaine prochaine
Des « contrôles d’honorabilité »
ont déjà été mis en place en 2016, consistant à vérifier le casier judiciaire et l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais) des nouveaux personnels de l’Éducation. Ils seront donc réitérés plus régulièrement pour « s’assurer qu’il n’y a pas quelque chose qui nous aurait échappé »
, affirme le ministre, qui souhaite aussi une vérification « systématique »
des antécédents des intervenants extérieurs à l’école.
Aujourd’hui, « 30 à 40 »
radiations de personnels de l’Éducation nationale sont faites par an (sur 1,2 million d’agents) « pour des faits à caractère sexuel, envers des mineurs ou entre adultes »
, précise-t-il, et « 80.000 signalements par an »
ont lieu à l’école, « contre environ 50.000 il y a dix ans »
.
Le ministère publiera « la semaine prochaine, pour la première fois, un protocole d’action »
, sous la forme d’un « guide »
permettant aux « personnels (de) faire les signalements de manière homogène et standardisée »
, qui sera « accompagné d’affichages »
dans les établissements, précise Édouard Geffray.
Une proposition de loi des deux députés ayant mené les auditions parlementaires sur le dossier de Bétharram, Violette Spillebout et Paul Vannier, visant à prévenir les violences sur les enfants à l’école, à accompagner les victimes et à renforcer les contrôles dans les établissements publics et privés, doit être déposée ce mercredi à l’Assemblée nationale. Elle a le soutien du gouvernement « sur l’idée globale de protéger l’enfance vulnérable et de faire en sorte de prévenir les violences, de les détecter et d’agir immédiatement »
.














