- Des internautes affirment que les autorités cacheraient une « épidémie de méningite » en France.
- Une rumeur qui s’appuie sur le témoignage d’une mère dont le fils est tombé malade.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
Une mélodie déjà entendue pendant l’épidémie de Covid-19 : « Ils nous cachent tout. »
C’est avec cette même expression qu’une jeune mère de famille s’est émue du sort de son enfant, dont elle a appris qu’il serait décédé d’une méningite en février dernier. Dans une vidéo apparue sur TikTok (nouvelle fenêtre) ce jeudi 19 mars, la trentenaire s’étonne que la maladie fasse « des morts, tue des enfants et personne ne dit rien »
.
Face caméra, elle s’en prend aux autorités sanitaires et aux médias. « Ils disent qu’il n’y a qu’un seul cas, en train d’être géré, ce n’est pas vrai »
, lance-t-elle visiblement bouleversée, s’étonnant que son fils ne soit pas comptabilisé parmi les victimes. Et d’appeler ses abonnés à ne plus « faire les aveugles »
. En commentaire de ce contenu vu plus de 1,5 million de fois, elle va même jusqu’à estimer que les autorités cacheraient cette information « parce que nous sommes simplement des pions (…) un peu trop nombreux »
, laissant planer le doute sur une opération orchestrée.
Un cas qui ne peut pas être lié à l’épidémie britannique
Un récit au cœur d’une nouvelle rumeur : une flambée de la maladie serait volontairement dissimulée. « Personne n’en parle dans les médias, ils attendent que ça prenne des proportions pour pouvoir en parler »
, écrit un autre internaute quand un troisième pense même que le plan d’un confinement (nouvelle fenêtre) serait en cours d’élaboration. Mais au-delà du cas dramatique de cet enfant de quatre ans, fait-on aujourd’hui face à une épidémie de méningite ?
La réponse est « non »
, répond le professeur Muhamed-Kheir Taha, coupant court à la rumeur. Responsable du Centre national de référence des méningocoques à l’Institut Pasteur, il nous rappelle qu’une épidémie correspond (nouvelle fenêtre) à une hausse du nombre de cas liés à une souche particulière. Or, « aucun de ces deux critères n’est réuni »
, explique-t-il. Au contraire. « Dans les trois premiers mois de 2026, nous avons à peu près 20 % de cas en moins
par rapport à la même période l’an dernier
(nouvelle fenêtre)« ,
pointe du doigt ce spécialiste.
Alors pourquoi une telle mise en garde des internautes ? Dans son témoignage, la jeune habitante de Saint-Denis fait référence à l’alerte de Santé publique France (nouvelle fenêtre) publiée plus tôt ce jeudi. L’agence nationale y révèle effectivement avoir été informée le 12 mars « d’un cas d’infection invasive à méningocoque »
. Toutefois, elle n’écrit pas que ce patient serait l’unique Français atteint d’une méningite, mais qu’il est le seul cas lié au cluster déclaré dans la région de Canterbury et qui affole le Royaume-Uni. Cet étudiant était en effet « de retour d’Angleterre où sévit actuellement une épidémie »
, note l’agence dans son point de situation.
« À ce stade, nous n’avons repéré qu’un seul cas lié au cluster de l’université de Kent »
, nous confirme le Pr Muhamed-Kheir Taha, dont le laboratoire est chargé d’analyser les cas repérés en France, précisant toutefois que le cas de la femme décédée à Cherbourg (nouvelle fenêtre)est toujours en cours de séquençage.
Des cas en baisse par rapport à 2025
Aujourd’hui, il n’existe donc aucun autre patient sur le territoire national touché par la situation outre-Manche (nouvelle fenêtre). Le cas du petit garçon ne peut pas non plus être lié à cette épidémie, dont l’origine serait un événement en boîte de nuit entre le 5 et le 7 mars. Ce qui n’empêche pas d’autres personnes de tomber malades, à cause d’autres virus que celui qui inquiète Londres, sans que la situation ne soit considérée comme alarmante. Chaque année, 500 à 600 cas d’infections invasives à méningocoques sont enregistrés en France pour 10 à 12% de décès. Un taux d’incidence qui est plus élevé chez les nourrissons et les jeunes enfants jusqu’à quatre ans, rappelle Santé publique France (nouvelle fenêtre).
Méningite, les symptômes qui doivent nous alerterSource : Bonjour !
01:48
Méningite, les symptômes qui doivent nous alerter
Si ce décès dans la Manche et l’épidémie en cours au Royaume-Uni ont donné de la visibilité à cette maladie, à ce stade, les cas recensés dans le pays sont sporadiques. La situation est loin d’être qualifiable comme une épidémie, d’autant que la situation en France n’est pas celle de nos voisins. Avec une vaccination recommandée contre le méningocoque B entre 15 et 24 ans depuis l’an dernier, en plus de l’obligation vaccinale chez les plus petits, la population est même mieux protégée qu’avant.
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