- Donald Trump a été investi à la Maison Blanche pour un second mandat, le 20 janvier 2025.
- En un an, le président américain a énoncé un nombre important de fausses informations.
- Nous en avons sélectionné six sur lesquelles nous nous étions attardés en 2025.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
Le 20 janvier 2025, Donald Trump remportait son pari et se réinstallait à la Maison Blanche après cinq années d’absence. Voilà donc un an que l’homme d’affaires a entamé son second mandat, marqué par un interventionnisme et une désinformation décomplexés. Le président avait d’ailleurs annoncé la couleur avant d’être réélu : en pleine campagne électorale, il avait affirmé que les migrants de nationalité haïtienne mangeaient « des chats et des chiens »
à Springfield, dans l’Ohio. Une rumeur totalement infondée, dont vous pouvez retracer le parcours ici.
Puis, réinvesti à la tête des États-Unis, le milliardaire a poursuivi sur le même ton. À date, son second mandat se distingue du premier, selon Marie Peltier, historienne et autrice de L’Ère du complotisme
: « Le premier mandat, c’était celui des fake news, de la post-vérité, de la propagande qui était installée, mais sans véritable passage à l’acte politique. Le discours de Trump restait relativement limité en termes d’action politique, c’est beaucoup moins le cas maintenant. »
En un an, Donald Trump aurait énoncé au moins 66 fausses informations et seulement cinq informations « à moitié vraies »
, selon le site Politifact (nouvelle fenêtre). Nous en avons passé six en revue, qui ont émaillé sa première année de mandat.
Des tarifs douaniers fantaisistes
En présentant au printemps dernier les nouveaux tarifs douaniers qu’il souhaitait appliquer à de nombreux pays partenaires, Donald Trump s’était fondé sur des graphiques sur lesquels on retrouvait les pourcentages des « droits de douane imposés aux États-Unis ».
Ce qui n’était pas du tout le cas, selon plusieurs économistes qui sont tombés de leur chaise face à cette présentation.
En réalité, Washington avait utilisé une formule mathématique pour diviser l’excédent commercial d’un pays avec les États-Unis par ses exportations totales. Pour décider du montant que les douanes américaines allaient appliquer en retour, la Maison Blanche avait repris ce chiffre et l’avait divisé par deux. L’Union européenne s’était ainsi retrouvée avec un taux à 39% et pas à 4%, le vrai droit de douane appliqué aux États-Unis.
Une aide américaine à Kiev largement exagérée
En février 2025, Donald Trump se plaignait du montant de l’aide financière fournie à l’Ukraine, de l’ordre de 350 milliards de dollars, selon lui. En réalité, Washington avait envoyé 119,1 milliards de dollars (114 milliards d’euros) à son partenaire ukrainien depuis le début de l’invasion russe, trois ans plus tôt. Soit trois fois moins qu’affirmé publiquement. La chercheuse Marie Peltier voit en cette fausse information « l’arme du discrédit »,
qui « sert à discréditer l’élan de solidarité internationale, la lutte démocratique ukrainienne et Volodymyr Zelensky. L’idée est de prétendre que l’on a déjà trop donné à l’Ukraine. »
Aujourd’hui, selon les données du Kiel Institute (nouvelle fenêtre), l’aide américaine n’a quasiment pas bougé d’un iota depuis début 2025 et les 5 milliards de dollars promis attendent toujours d’être versés. Un constat conforme à la nouvelle politique (nouvelle fenêtre) de l’administration Trump de ne plus apporter d’assistance matérielle à l’Ukraine.
Un prétendu génocide blanc en Afrique du Sud
Il arrive que le président reçoive ses homologues dans le Bureau ovale et en profite pour les humilier. Volodymyr Zelensky le sait mieux que personne, mais il n’est pas le seul. En recevant au printemps le président sud-africain Cyril Ramaphosa, Donald Trump avait diffusé une vidéo censée prouver un prétendu « génocide » des fermiers blancs dans le pays africain.

L’une des images projetées à la Maison Blanche montrait plusieurs croix blanches plantées, qui seraient les tombes de « plus de 1.000 »
agriculteurs blancs. Mais selon nos recherches, l’installation de ces croix avait été faite en hommage à un couple d’Afrikaners tués à l’été 2020 dans leur ferme près de Newcastle. En réalité, selon les statistiques de la police sud-africaine, un seul agriculteur et quatre employés de ferme ont été tués entre les mois d’octobre et décembre 2024, sur près de 7.000 meurtres commis dans le pays.
De la désinformation sur le paracétamol
En septembre, Donald Trump déconseillait vivement aux femmes enceintes de consommer du paracétamol pendant leur grossesse en raison d’un risque d’autisme pour les enfants. Si certaines substances ingérées lors d’une grossesse peuvent jouer un rôle dans le développement du spectre autistique, ce n’est pas le cas du paracétamol, avertissaient les différents chercheurs interrogés par TF1info sur le sujet.
De son côté, l’Organisation mondiale de la santé a démenti les propos du président en affirmant que « plusieurs études n’ont établi aucune relation de ce type »
, bien que le paracétamol reste un médicament dont le surdosage peut être dangereux.
Une résolution hasardeuse de huit conflits
Conformément à sa politique interventionniste, Donald Trump s’est vanté à plusieurs reprises d’avoir mis fin à « huit guerres en huit mois ».
À ce sujet, Marie Peltier rappelle que « Donald Trump a une légère obsession pour Barack Obama, qui a reçu le Nobel de la paix à titre préventif »
et que le président américain « répète en permanence qu’il mérite le Nobel lui aussi en tant qu’acteur de paix, qui évite les conflits et réconcilie le monde ».
Celui qui se rêvait donc en prochain prix Nobel de la paix (et qui n’a eu que la médaille, offerte par l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado) faisait ici référence à huit conflits dans le monde : entre Israël et le Hamas, Israël et l’Iran, le Pakistan et l’Inde, le Rwanda et la RDC, la Thaïlande et le Cambodge, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, l’Égypte et l’Éthiopie, et enfin entre la Serbie et le Kosovo. Mais comme le souligne la BBC (nouvelle fenêtre), plusieurs de ces conflits n’ont duré que quelques jours (comme entre l’Iran et Israël) et d’autres ne se sont même pas traduits par des affrontements directs (comme entre l’Égypte et l’Éthiopie ou entre la Serbie et le Kosovo).
De plus, le concours américain est parfois minimisé par les principaux acteurs, comme l’Inde dans son conflit avec le Pakistan. Par ailleurs, si ces conflits ont effectivement cessé, certains des accords conclus étaient particulièrement fragiles et n’ont pas résisté à de nouvelles tensions. Ce fut le cas entre la Thaïlande et le Cambodge, qui se sont affrontés de nouveau (nouvelle fenêtre) à leur frontière, avant de signer un nouveau cessez-le-feu le 27 décembre.
Un usage démesuré de l’IA
Dans son rapport altéré à la vérité, Donald Trump a également recours à l’intelligence artificielle. Il arrive fréquemment que ce dernier publie des contenus entièrement générés par IA pour servir des thèses complotistes, comme celle des « medbeds » bientôt offerts à tous les Américains. Cette théorie née chez les QAnon, une sphère complotiste américaine, prétend qu’il existe des lits médicalisés révolutionnaires, capables de guérir le cancer, de faire repousser un membre manquant ou de prolonger la vie humaine.
Elle est bien entendu fantaisiste, mais a été reprise à son compte par le président américain, qui se pose en véritable icône de la mouvance d’extrême droite. Marie Peltier y voit un parallèle avec les « méthodes de propagande des dictatures »
, qui utilisent « le faux et la mise en scène par les images pour convaincre, manipuler et pour embrumer les esprits »
. Jérôme Viala-Gaudefroy, docteur en civilisation américaine et auteur des Mots de Trump
, pointe aussi ce phénomène observé « à l’extrême droite en général »
: « Quand on ne sait plus quelle est la différence entre le vrai et le faux, ça bénéficie aux mensonges et à ceux qui sont dans la radicalisation ».
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