- Les États-Unis ont mené dans la nuit du 2 au 3 janvier une intervention au Venezuela.
- L’objectif était d’enlever son président, Nicolas Maduro, et de le traduire en justice à New York.
- Le nombre de 80 morts est avancé, sans que celui-ci puisse être confirmé.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
Pensée depuis des mois, l’opération américaine au Venezuela a été un succès aux yeux de Donald Trump, qui a confié avoir eu l’impression de suivre une « émission de télévision »
. Ll’intervention militaire a permis d’amener le président vénézuélien, Nicolas Maduro, jusqu’à New York pour que lui et son épouse y soient jugés pour « narcoterrorisme »
.
Cette opération, dont la légalité est fortement questionnée, n’a pas été menée sans dégâts. Elle a détruit de nombreuses infrastructures (nouvelle fenêtre), mais aurait aussi causé des victimes dans l’indifférence générale, s’insurgent des publications sur les réseaux sociaux. « Bilan de l’opération américaine visant à capturer Maduro : 80 morts, civils et militaires, selon le Venezuela »
, partage un compte X (nouvelle fenêtre), tandis qu’un autre s’en prend (nouvelle fenêtre) à Stephen Miller, conseiller à la sécurité intérieure des États-Unis, qui aurait vanté l’absence de victime civile : « Voici Yohana Rodriguez Sierra, une civile de 45 ans, mère célibataire. Elle est morte sur le coup lors de l’attaque. Sa fille a été blessée. »
D’autres publications relaient l’image (nouvelle fenêtre) d’un appartement dévasté, soufflé par une explosion. « Parmi les personnes tuées par les États-Unis au Venezuela figurait Rosa Gonzalez, 80 ans, dont l’appartement a été explosé. Entendrez-vous cela aux informations européennes ? J’en doute. »
32 morts cubains confirmés
Voici ce que l’on peut dire du bilan humain de l’opération Absolute Resolve
, qui a mobilisé plus de 150 avions, drones de reconnaissance ou encore hélicoptères. Le premier bilan officiel ayant été partagé est celui du gouvernement cubain. Dans un communiqué (nouvelle fenêtre) du 5 janvier, l’ambassade de Cuba en France a rendu hommage « aux 32 combattants cubains tombés lors de l’attaque criminelle des États-Unis au Venezuela ».
Dans un autre communiqué publié sur Instagram (nouvelle fenêtre), La Havane a précisé que « les soldats faisaient partie du service de sécurité rapprochée de Nicolás Maduro ».
Puis ce 6 janvier, les noms et visages des 32 militaires tués ont été dévoilés par Cuba, sur sa page Facebook (nouvelle fenêtre).
Un autre chiffre est partagé, cette fois par le New York Times
. Le journal s’appuie sur « un haut responsable vénézuélien sous couvert d’anonymat »
pour affirmer (nouvelle fenêtre) qu’« au moins 80 personnes ont été tuées, dont des militaires et des civils ».
Un lourd bilan qui semble inclure les 32 morts cubains, mais qui exclut d’éventuels soldats américains, selon Washington. Ce chiffre n’a pas été commenté publiquement par Caracas, mais dans une vidéo (nouvelle fenêtre) partagée sur Instagram, la « Force armée bolivarienne » a fini par rendre hommage à 23 de ses militaires tués durant les attaques. Elle ne mentionne pas de pertes civiles.
Le flou autour des victimes civiles
On compte pourtant deux femmes de la société civile dans les morts identifiés et relayés par la presse. Il s’agit des deux personnes citées en début d’article. Le quotidien espagnol El País
(nouvelle fenêtre)
et la radio nationale colombienne (nouvelle fenêtre) reviennent sur le décès de Yohana Rodriguez, une Colombienne âgée de 45 ans et travaillant au Venezuela comme commerçante depuis plus de dix ans. Un missile américain aurait touché la terrasse de sa maison et Yohana Rodriguez aurait été atteinte. Elle serait « morte sur le coup »,
d’après El Pais
.
Dans le même temps, l’AFP a retrouvé (nouvelle fenêtre) le neveu de Rosa Gonzalez, âgée de 78 ans et décédée à l’hôpital des suites de ses blessures après que son appartement a été touché par un projectile (voir photo ci-dessus). Sur un cliché du photojournaliste Federico Parra, on voit Wilman Gonzalez qui « aide à nettoyer l’appartement endommagé à Catia La Mar »,
près de Caracas, le 4 janvier. Contactée pour des précisions, l’association Monitor de Victimas n’était pas pour l’heure revenue vers nous.
Les bilans apportés se précisent, mais le nombre de victimes civiles reste flou tant qu’aucune communication officielle n’est apportée sur le sujet. Aucun média n’a repris à son compte l’information du New York Times
en interrogeant d’autres sources et l’ONU ne se risque pas à donner de chiffre. Dans les pages du Guardian
(nouvelle fenêtre), le Haut-Commissaire aux droits de l’homme a condamné l’intervention américaine, qui « viole la souveraineté vénézuélienne et la Charte des Nations Unies »
et « fragilise l’architecture de la sécurité internationale et compromet la sécurité de tous les pays »
. Contacté, son bureau n’a pas encore réagi.
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