- Des publications affirment que 9 généraux se sont réunis à Fontainebleau le 20 novembre.
- Ils auraient vivement critiqué le chef d’état-major des armées après son alerte sur l’éventualité d’un conflit.
- Une fausse information produite par un réseau souverainiste.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
Ils décrivent la situation comme la plus « grave crise politico-militaire depuis la guerre d’Algérie »
. Plusieurs comptes affirment depuis le 20 novembre qu’une guerre interne aurait lieu contre le chef d’état-major des armées. D’après eux, plusieurs généraux se seraient opposés au propos du général Fabien Mandon (nouvelle fenêtre), qui a expliqué le 18 novembre devant le Congrès des maires qu’en cas de confrontation avec la Russie sur le territoire européen, il fallait « accepter de perdre ses enfants »
. Un discours décrit comme « va-t-en-guerre »
par une partie de la classe politique (nouvelle fenêtre), pour reprendre l’expression de Fabien Roussel, mais aussi par toute la sphère souverainiste, très active en ligne, Florian Philippot en tête.
Mais face aux critiques, celui qui est arrivé à la tête de l’état-major en septembre dernier persiste et signe. Interrogé sur France 5 ce samedi 22 novembre, Fabien Mandon a expliqué que son but n’était pas de faire preuve d’alarmisme mais « d’alerter et de se préparer »
aux risques de conflits sur le sol européen. Une stratégie défendue par le porte-parole du chef d’état-major des armées, la ministre (nouvelle fenêtre)et le chef des armées lui-même. En déplacement à Johannesburg où il assistait au G20, Emmanuel Macron a réaffirmé (nouvelle fenêtre)« toute sa confiance »
au général. Pour autant, certains assurent qu’une contestation se prépare dans l’ombre.
Une rumeur infondée et démentie
Le 20 novembre, un compte anonyme assure que le général Eric Vidaud, ancien directeur du renseignement militaire, se serait rendu à Fontainebleau avec d’autres généraux, dont Paul Pellizzari. Ensemble, ils auraient largement critiqué la position du chef d’état-major, décrit comme un « apprenti sorcier »
, et reconnu le général Pierre de Villiers comme « chef moral des armées »
. Une publication (nouvelle fenêtre)vue plus de 146.000 fois, conduisant certains internautes à évoquer un « appel de Fontainebleau »
.
Les noms n’ont pas été choisis au hasard par ce compte. Le général Vidaud avait quitté la tête du renseignement militaire français faute d’avoir suffisamment alerté sur le risque d’invasion en Ukraine. Quant à Paul Pellizzari, il a été radié de l’armée en mai dernier pour avoir signé une tribune controversée (nouvelle fenêtre)en 2021 dénonçant le « délitement »
de la France.
Sauf qu’il s’agit d’une information créée de toutes pièces par ce compte. Visiblement spécialisé dans les publications trompeuses et les images catholiques (nouvelle fenêtre) générées par intelligence artificielle (IA), cet internaute multiplie les positions royalistes, et se montre fermement opposé à la politique d’Emmanuel Macron. Il est le seul à se faire l’écho de cette prétendue réunion, dont on ne trouve aucune autre occurrence en ligne ni aucune preuve visuelle. D’après nos informations, le général Eric Vidaud a démenti l’existence de ce rassemblement et de propos factieux.
Dans la foulée, d’autres publications (nouvelle fenêtre)ont voulu recycler ce récit, mentionnant cette fois-ci une prétendue coalition organisée à Saumur. Le 17 novembre – soit avant même les propos du général Fabien Mandon – 9 d’entre eux se seraient réunis lors « d’un meeting souverainiste »
devant « la foule »
, reconnaissant l’ancien chef d’état-major Pierre de Villiers comme seul chef légitime des armées. Là encore, il n’existe aucune preuve de l’existence d’un tel meeting, dont la seule occurrence se trouve sur des comptes souverainistes qui présentent tous des références communes, dont une symbolique royaliste. C’est d’ailleurs cette même sphère qui avait déjà été à l’origine d’une fake news
(nouvelle fenêtre)largement diffusée selon laquelle l’ancien chef d’état-major des armées avait quitté ses fonctions en juillet après ses critiques envers la Russie.
Auprès de TF1info, un haut responsable militaire décrit de fausses déclarations et une « attaque informationnelle »
. L’objectif ? Créer l’impression d’une armée qui se fissurerait alors même que les propos du chef d’état-major des armées (nouvelle fenêtre)visaient à montrer une France prête et déterminée pour que la Russie hésite à passer à l’action.
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