Moins de deux semaines après l’attaque américaine du 3 janvier qui a conduit à la capture du président Nicolas Maduro, la présidente du Venezuela par intérim, Delcy Rodriguez, a affirmé, jeudi 15 janvier, dans un discours au Parlement, que le pays n’avait pas peur « d’affronter diplomatiquement » les Etats-Unis.
« Nous savons que les Etats-Unis sont très puissants. (…) Nous n’avons pas peur d’affronter diplomatiquement, par le dialogue politique » les Etats-Unis, a dit Mme Rodriguez, déclenchant une ovation de l’Assemblée nationale.
Elle a également réclamé aux Etats-Unis le « respect pour la dignité du président Nicolas Maduro » et celle de son épouse, Cilia Flores, également capturée lors de l’intervention. Accusé de narcotrafic, le couple est emprisonné aux Etats-Unis dans l’attente de son jugement.
Une « réforme partielle » de la loi sur le pétrole
Investie le 5 janvier, Mme Rodriguez, qui était la vice-présidente de Nicolas Maduro, fait partie des personnalités sanctionnées par les autorités américaines. Mercredi, Donald Trump avait estimé que la présidente par intérim était une « personne formidable », assurant que les Etats-Unis « travaillaient très bien » avec la nouvelle dirigeante.
Lors de son discours jeudi, elle a affirmé : « J’ai toujours dit que si un jour, en tant que présidente par intérim, je dois aller à Washington, je le ferai debout, sans me traîner [aux pieds de quelqu’un] ».
Sous pression américaine, le pouvoir vénézuélien a signé des accords pétroliers avec les Etats-Unis et annoncé la libération des prisonniers politiques. Lors de son discours, la présidente par interim a évoqué une « réforme partielle » de la loi sur le pétrole. Mme Rodriguez n’a pas donné de précisions sur le texte de loi, mais a brandi un dossier rouge devant les élus, tout en déclarant : « Je demande à cet organe législatif d’approuver cette réforme partielle. »
Le secteur pétrolier du pays, qui dispose des plus grandes réserves de la planète, est en mauvais état et nécessite d’immenses investissements, tant pour rénover les infrastructures existantes que pour exploiter de nouveaux gisements.
Parallèlement, jeudi, le président américain, Donald Trump, a reçu la cheffe de l’opposition vénézuélienne et Nobel de la Paix Maria Corina Machado à la Maison Blanche.













