lundi, avril 20

771 détenus ont été amnistiés au Venezuela, à la faveur d’un « nouveau moment politique » comme l’avait alors appelé la présidente intérimaire Delcy Rodriguez, rapporte notre correspondante à Caracas, Alice Campaignolle. 771 personnes sur qui ne pèsent donc plus aucune condamnation et qui n’ont par exemple pas de contrôle judiciaire.

Une loi d’amnistie devant aboutir à la libération de tous les prisonniers politiques a bien été promulguée mi-février par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, sous la pression de Washington après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine le 3 janvier dernier.

Elle prévoit que ses bénéficiaires potentiels demandent l’amnistie devant les tribunaux qui les ont condamnés. Mais l’amnistie a par exemple été refusée à Javier Tarazona comme à d’autres prisonniers. Cet activiste, l’un des plus emblématique du pays, libéré en février après près de cinq ans de prison dans le cadre des remises en liberté de détenus politiques, a dénoncé récemment une « revictimisation » des familles après un nouveau report de son procès et le refus de son amnistie par la justice.

Les ex-prisonniers sont encore très nombreux à devoir notamment se rendre au tribunal tous les 15 jours, à Caracas, et ce peu importe que leur lieu de résidence se situe à plusieurs heures de route. Et d’autres encore ont bel et bien bénéficié de la loi d’amnistie, mais ils n’ont pas récupéré leurs biens, leurs maisons, leur voiture ou leur entreprise confisquée.

Une loi d’amnistie dont l’application manque donc de transparence. Qui peut réellement la demander ? quelles sont les conditions ? dans quels délais ? Car certains ex-prisonniers récemment libérés dénoncent avoir présenté une demande d’amnistie il y a plusieurs semaines et n’avoir toujours pas de réponse. Les autorités judiciaires ne communiquent pas à ce propos. Et selon les ONG, notamment Foro Penal, il y a toujours 477 prisonniers politiques derrière les barreaux au Venezuela.

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