Pas prophète en son pays. Emmanuel Macron a « pris acte » samedi 3 janvier de la fin de la « dictature Maduro », dont le « peuple vénézuélien » ne peut que se « réjouir », dit-il. Une position relayée par le président américain Donald Trump sur son réseau social, mais qualifiée de « honte » par la gauche qui accuse le président français de complaisance envers les États-Unis.
« Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir », a ainsi écrit sur X le chef de l’État. « En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple », a-t-il insisté, sans évoquer dans son tweet les attaques américaines qui ont abouti à la capture du président vénézuélien.
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L’entourage du chef de l’État a fait savoir peu après qu’avait été pris « acte de l’opération américaine ». « Un dictateur a été déchu. Le droit international doit désormais être respecté », a-t-on fait valoir de même source.
Une « honte ultime »
Mais pour Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, « la prise de position de Macron n’est pas la voix de la France. Il nous fait honte. Il abandonne le droit international ». « Jour sombre pour notre pays », a-t-il encore écrit sur X, appuyé par son lieutenant Manuel Bompard qui s’est désolé de voir « la France réduite à féliciter les coups de force de Trump ».
Même indignation du côté du Parti socialiste. Selon son premier secrétaire Olivier Faure, « la France n’est pas un État vassal des USA et notre président ne peut pas se comporter comme un simple porte-parole de la Maison-Blanche ». « Emmanuel Macron piétine ce soir toute notre histoire diplomatique. Une honte », a abondé le patron des sénateurs PS Patrick Kanner. Une « honte ultime » même pour le N.1 du Parti communiste Fabien Roussel, pour qui la France est « rabaissée au rang de 51e État des USA ».
Samedi en fin d’après-midi, plus d’un millier de personnes, agitant pour certaines des drapeaux vénézuéliens, étaient réunies place de la République à Paris pour protester contre l’attaque, à l’appel notamment de LFI et du parti communiste, a constaté un journaliste de l’AFP. Parmi elles, Jean-Luc Mélenchon qui a dit qu’il fallait « sans barguigner, exiger la libération et le retour immédiat de Nicolás Maduro libre au Venezuela ».
De fait, l’exécutif avait été plus offensif samedi après-midi par la voix du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot qui a affirmé que l’opération américaine « contrevient » au droit international. « La France rappelle qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir », avait-il encore écrit sur X.
Emmanuel Macron a préféré mettre l’accent sur la « transition à venir » qui « doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien ». En ce sens, il plaide pour que celle-ci soit assurée « au plus vite » par Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l’opposition à la présidentielle 2024. Alors que Donald Trump a de son côté déclaré que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition politique « sûre » puisse avoir lieu.
« Ce qui importe à présent est que la parole revienne au plus vite au peuple vénézuélien », appuie encore l’entourage d’Emmanuel Macron, qui précise que ce dernier a échangé samedi avec Donald Trump, le président argentin Javier Milei ou brésilien Lula.
Equilibrisme
À l’image de l’exécutif, d’autres responsables politiques ont dû s’employer à un exercice d’équilibriste samedi, partagés entre la volonté de dénoncer l’attaque américaine, sans pour autant apparaître comme un soutien de Nicolás Maduro.
« Pas une larme pour le dictateur ploutocrate Maduro, mais il faut avoir conscience que nous entrons dans un monde sans droit international où prévaut la loi du plus fort », a déclaré l’eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann. Dans la même veine, Gabriel Attal, chef de file des députés macronistes, a affirmé qu’il « ne regrette pas » le départ de ce « dictateur ».
Il a dit voir dans l’opération américaine « un signe supplémentaire que le monde est désormais régi par la force » et a incité les Européens à s’adapter pour ne pas être cantonnés au rôle de « spectateurs impuissants ».
La patronne du Rassemblement National Marine Le Pen a jugé qu’il y avait « mille raisons de condamner le régime de Nicolás Maduro : communiste, oligarchique et autoritaire » mais que « la souveraineté des États n’est jamais négociable ». « Renoncer à ce principe aujourd’hui pour le Venezuela, pour n’importe quel État, reviendrait à accepter demain notre propre servitude », a-t-elle ajouté.











