- Les députés ont débuté l’examen de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.
- Vendredi, pour dénoncer la « victimisation secondaire », la députée LR Emilie Bonnivard a pris en exemple son propre cas.
- « Il y a un an, j’ai déposé plainte contre un homme qui voulait me violer, me sodomiser et m’étrangler », « et aujourd’hui, le tribunal a rendu son jugement, ce soir (…) ce monsieur a été relaxé », a-t-elle déclaré.
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Un exemple parlant. C’est ce qu’a souhaité apporter à ses collègues la députée LR Emilie Bonnivard, vendredi 2 octobre à l’Assemblée nationale, à l’occasion de débats sur la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. L’élue de Savoie a dénoncé une décision du tribunal correctionnel de Chambéry dans un dossier où elle était victime. Souhaitant illustrer ce que l’on appelle la « victimisation secondaire »
, c’est-à-dire le préjudice subi par une victime du fait de la réponse défaillante ou maltraitante que lui apporte le système judiciaire, elle a donné en exemple sa propre histoire.
« Il y a un an, j’ai déposé plainte contre un homme qui voulait me violer, me sodomiser et m’étrangler. Voilà. De même que mes collaboratrices. Et aujourd’hui, le tribunal a rendu son jugement, ce soir (…) ce monsieur a été relaxé de ce qu’il nous a fait à mes collaboratrices et à moi »
, a témoigné Emilie Bonnivard, la voix étranglée.
Quand une décision de justice n’est pas à la hauteur, eh bien, c’est d’une violence incroyable
Quand une décision de justice n’est pas à la hauteur, eh bien, c’est d’une violence incroyable
Emilie Bonnivard
« Pendant des mois, on a reçu des menaces de mort, de viol. J’ai même eu un bouton d’urgence de la préfète avec le gendarme qui faisait des tournées autour de ma permanence. Il a appelé en pleine nuit ma collaboratrice (…) en lui disant qu’il allait l’égorger »
, a-t-elle poursuivi, précisant sa volonté de faire appel. « En termes de victimisation secondaire, vous voyez, quand une décision de justice n’est pas à la hauteur, eh bien, c’est d’une violence incroyable. (…) Il faut vraiment, vraiment, vraiment, vraiment cette loi maintenant, et que nos juges soient formés, formés, formés, formés »
, a-t-elle conclu.
Selon Le Dauphiné
, un homme de 62 ans a été condamné vendredi à trois ans de prison dont un avec sursis, après avoir « menacé de mort ou de viol le juge aux affaires familiales de Chambéry, une avocate, la déléguée du défenseur des droits, des médecins, ou encore la députée Émilie Bonnivard »
. Le tribunal a en revanche « relaxé le prévenu d’une partie des faits, les infractions n’étant pas assez caractérisées »
, notamment s’agissant « des menaces concernant la députée »
, selon le quotidien régional.
Les députés ont commencé jeudi l’examen de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, des débats au cours desquels s’est invitée à plusieurs reprises l’histoire personnelle douloureuse des élus.
La rédaction de TF1info avec AFP

